Mais n’te promène donc pas toute nue ! (Georges FEYDEAU)

Jeudi 19 juillet 2007 – Comédie des 3 Bornes
Pièce de Georges Feydeau, auteur dramatique français, connu pour ses très nombreux vaudevilles.

Mais n'te promène donc pas toute nueRésumé : Le salon du député Ventroux. Celui-ci reproche à sa femme de se montrer trop souvent en tenue légère devant leur fils ou devant Joseph, leur domestique.

Lorsque M. Hochepaix, maire de Moussillon-les-Indrets et adversaire politique de Ventroux, vient solliciter une faveur pour ses administrés, Clarisse apparaît encore dans la même tenue, provoquant à nouveau la fureur de son époux.

La jeune femme est piquée à la croupe par une guêpe. Persuadée que son cas est grave, elle prie son mari de bien vouloir sucer la plaie. Ce dernier s'y refuse. M. Hochepaix, sollicité à son tour, se dérobe également. On va donc faire appel à un médecin.

Sur ces entrefaites, on annonce la visite de Romain de Jaival, journaliste au Figaro venu interviewer Ventroux. Celui-ci passe dans la pièce voisine afin d'y poursuivre son entretien avec M. Hochepaix et il demande au reporter de bien vouloir patienter quelques minutes. Survient alors Clarisse qui, prenant Jaival pour le médecin, lui fait examiner l'endroit douloureux et extirper l'aiguillon. Entrant à ce moment précis, Ventroux, indigné, repousse brutalement le journaliste dont il révèle l'identité à sa femme. Soudain il s'aperçoit que Clémenceau, son voisin, se trouve à sa fenêtre: il a assisté au spectacle et il ricane. "Ah! je suis foutu! ma carrière politique est dans l'eau!" s'exclame le parlementaire, pendant que Clarisse, avec une inconscience désarmante, adresse de petits saluts au tribun.



En tout cas, c'est trop bien, en plus avec le resto après, chut. je t'aime muhhhhhhhhhhhh

Le Bourgeois Gentilhomme

Dimanche 11 juin 2006 – Sudden théâtre
Créé en 1670, Le Bourgeois Gentilhomme est certainement la plus connue des onze comédie-ballets de Molière.

Le Bourgeois GentilhommeRésumé : Monsieur Jourdain, bourgeois parisien à la fortune conséquente s'est mis en tête de changer de classe sociale et pour cela ne conçoit dans son choix de vie que de singer les "gens de qualité" dans leurs comportements. Il mettra aussi sa famille et sa maison sans dessus dessous, dilapidera ses finances et ne donnera sa fille à marier qu'"au fils du grand Turc" et sa femme "à qui voudra".



Cette version décoiffante du Bourgeois Gentilhomme est ici interprétée par une jeune troupe enthousiaste dans une mise en scène inventive : le maître tailleur ressemble à Karl Lagerfeld, le philosophe a des airs d'un BHL blasé de tout, le valet de Cléonte déclame avec un accent de cité bien prononcé, le hip-hop supplante le menuet et les casquettes, les perruques poudrées. Sans tomber dans le jeunisme gratuit ou racoleur, Raymond Acquaviva démontre la modernité d'un Molière qui trouve en cet ex-pensionnaire de la Comédie-Française un serviteur aussi insolent que fidèle. Au final, malgré quelques longueurs, on s'amuse beaucoup. Une bonne tranche de rire.

Mon Alter Hugo

Mardi 25 avril 2006 – Théâtre Marigny
Mon Alter Hugo est une composition théâtrale drôle, illustrée de chansons, inspirée de la vie de Victor Hugo, pouvant se résumer ainsi : Vous connaissiez l'œuvre, voici l'homme…

Mon alter HugoUn pari audacieux : avec humour et personnalité, nous faire partager les idéaux de cet homme, et sa vie personnelle, alternant entre ombre et lumière.

Gérard Berliner est habité d'une passion dévorante pour ce grand homme, aux innombrables facettes, depuis plus de dix ans.
Cet illustre personnage est maintenant devenu, pour lui une « seconde peau ».

Mélange d'improvisation, de discours politiques, de chansons, faisant croire à un tandem d'auteur-compositeur, écrit ensemble, malgré les deux siècles qui les séparent.

Sur scène, un autre duo, Gérard Berliner, comédien et chanteur, simplement accompagné de son complice de toujours, Roland Romanelli, ou de Romain Lavieille.

Hugo, ses idées humanistes, visionnaires, résolument modernes qu'il a très tôt défendues, ses combats politiques et sociaux : la peine de mort, la misère, le droit de l'enfant, le droit de vote des femmes, la république universelle, l'école laïque, les Etats-Unis d'Europe, la monnaie unique, la liberté de la presse, etc.
Victor, et ses proches, vous seront devenus si familiers que vous penserez les connaître depuis toujours.


"Les yeux pétillants, la voix chaleureuse, l'esprit badin et un peu railleur, l'artiste évoque son "alter Hugo" comme s'il nous parlait de son meilleur ami. (…) Gérard Berliner rend un hommage passionnné à Victor Hugo. Un spectacle agréable, sans fausse note, instructif et drôle." Pariscope

Un one-man show divertissant et intelligent qui donne à découvrir les multiples facettes du grand homme ! L'interprétation est juste, simple et émouvante. Les parties chantées sont bien amenées et bien équilibrées par rapport aux parties non accompagnées musicalement. Des textes et des chansons merveilleuses. Un spectacle que nous recommandons sans hésitation !

Anecdote : Parmi les spectateurs, il y avait Claude Lelouch, le très célèbre réalisateur ("Un homme et une femme", "L'aventure, c'est l'aventure", "Itinéraire d'un enfant gâté", "Les misérables"…) et aussi Michel Drucker, figure emblématique du paysage audiovisuel français ("Champs-Elyséees", "Vivement Dimanche") !

Mère Courage et ses enfants

Mardi 29 novembre 2005
Drame classique du dramaturge allemand Bertolt Brecht (1898-1956) écrit en 1938.

Résumé : Pendant la Guerre de Trente Ans, la cantinière Anna Fierling, dite Mère Courage, accompagnée de ses deux fils, Eilif et Schweizerkas (Petit-Suisse), et de sa fille muette, Catherine, tire sa carriole sur les routes d’Europe. La pièce commence au printemps 1624, alors que la Suède recrute pour la guerre contre la Pologne.

De champ de bataille en champ de bataille, de Pologne en Bavière, toujours prête à réaliser une bonne affaire, Mère Courage s’est installée dans la guerre et fait du commerce pour être une bonne mère, mais elle ne peut être une bonne mère en faisant du commerce. Mère Courage court les champs de bataille pour y acheter et vendre tout ce qu’elle peut trouver, munitions, croquenots, poulets…. Pour gagner quelques sous, elle est prête à tout sacrifier…


Mère Courage et ses enfants constitue sans conteste un des piliers du répertoire de Brecht. Alors que l’Europe se précipite dans le bourbier de la Seconde Guerre mondiale, l’auteur allemand va écrire une œuvre pamphlétaire, visant à dénoncer l’absurdité d’une guerre, dite de religion, mais aux tenants fortement politiques.

La pièce se déroule en 12 tableaux dont la carriole de mère Courage est le lieu de l’action. Résumant la condition humaine et l’implacable mécanisme des conflits armés, c’est une fresque qui relève du style baroque avec ces scènes où se mêlent l’injure et le ricanement, la sagesse populaire, le blasphème et la poésie.

Mère Courage et ses enfants est une pièce contre la guerre et son absurdité qui ruine et déshonore l’espèce humaine ! C’est une condamnation sans appel. Un implacable et magnifique réquisitoire. En situant l’action de la pièce au XVIIème siècle, Brecht donne à son message une valeur universelle.

Brecht n’implique pas le spectateur dans l’action, mais fait de lui un observateur avec la volonté d’éveiller sa conscience, son activité intellectuelle.

Une excellente pièce portée par une excellente comédienne !

Quand j’étais singe

Dimanche 30 janvier 2005 – Vingtième théâtre
Quand j'étais singe est une création d'après "Rapport pour une académie" de Franz Kafka.

Quand j'étais singeRésumé : C'est l'histoire d'un dompteur imprésario, d'une jeune femme amoureuse et surtout d'un singe devenu homme qui nous révèle comment il a été obligé de se transformer en vedette de music-hall.


 
Le texte n'est pas simple, je dirai même qu'il est assez difficile. On retrouve l'austérité désincarnée que l'on prête à Kafka. Il faut suivre très attentivement cette histoire farfelue pour arriver à en comprendre le message, qui demeure d'actualité.
 
Cette figure d'homme singe montre les contradictions de l'homme contemporain et de l'artiste tentés d'être reconnus en se prêtant à toutes les pantomimes sociales, jusqu'à la plus vulgaire, à savoir celle de la starification, mais répugnant à devenir un homme conventionnel ou une bête à profit. A travers ce témoignage d'être dénaturé, on peut se poser aussi la question autrement : comment échapper à la solitude qui fige, sans avoir besoin d'une société de plus en plus voyeuriste qui voudrait nous faire croire que l'on n'existe que lorsqu'on est vu (et bien vu…) ?
 
Cette pièce, singulière et onirique, montre la difficulté de l'homme contemporain à vivre avec son besoin d'intimité et d'exister au milieu d'une société de plus en plus voyeuriste.
 
Un spectacle pas comme les autres. Une mise en scène originale. A voir quand même.

La Nuit & Le Moment

Samedi 18 septembre 2004
La Nuit & le Moment est une oeuvre courte et assez mal connue de Crébillon fils, auteur du célèbre roman "Les Lettres de la Marquise de M*** au Comte de R***" (1732).

La Nuit & le MomentEn résumé, l'histoire est la suivante : Cidalise, seule dans sa chambre, s'apprête à se coucher lorsque survient Clitandre. Ils vont converser très librement des choses de l'amour, semblant se considérer tous deux hors du jeu. Mais éviteront-ils tous les pièges, dont celui de la sincérité ? Ils se lancent dans une joute de secrets d'alcôve. Mais très vite un jeu sournois s'installe : se séduire l'un l'autre. Ne s'estimant pas dupes, ils pousseront pourtant la partie jusqu'à se laisser piéger par la vérité des sentiments dont ils se jouent si brillamment.



Le propos de cette pièce est d'une remarquable actualité ; peur pour son ego, peur d'être sincère, peur d'exposer ses émotions, tout simplement peur d'aimer.
 
Les réparties sont aiguisées. Les dialogues sont vivaces et dans le plus pure style verbal du XVIIIème siècle.
 
Tous les deux, nous avons très bien aimé cette pièce. Nous avons ri et passé un agréble moment.