Simple colère

Un homme est entrain de nettoyer sa voiture pendant que son fils de 4 ans joue à côté. D’un coup, il a vu que le petit est entrain de dessiner sur l’autre côté de sa voiture…

Colère, l’homme a tenu la main de son fils et tape très fort dessus sans apercevoir qu’il a une clé ds sa main…
Résultat ds l’hôpital, l’enfant a perdu tous ses doigts…. il le regarde en demandant : papa, quand est ce que mes doigts vont repousser?
Effondré ds la colère, l’homme retourne frapper sa voiture et du coup, il a vu les rayures que son fils a fait:papa, je t’aime trop….

Oui, n’oublie pas une chose dans la vie : les objets sont à utiliser, les proches dont à aimer!!! Mais trop de gens mettent plus de valeur sur leurs objets!

-attention avec tes pensées car tu vas les prononcer
-attention avec tes paroles car tu vas les réaliser
-attention avec tes actions car elles deviendront tes habitudes
-attention avec tes habitudes car ce sera ton caractère
-attention avec ton caractère car il décide ta vie!

Quand tu vois seulement ta colère, tu es aveugle sur la tristesse et le malheur d’alentour même s’ils sont juste à côté !
Tu as raison? Oui mais essaie de penser aussi que les autres en ont aussi, juste que tu la traite moins importante!

Et aussi, Dire pardon ce n’est pas parce que tu es en tort, c’est parce que tu respectes la relation avec la personne. Plus l’homme est genereux, plus sa partenaire le respecte et moins elle est rancunière.

Pour toi, la presque fin de 1ère guerre mondiale :-)

Je m’y retrouve et partage avec des mises à jour pour contexte…

Autant le dire dès maintenant, cet article risque de casser l’image de la petite famille tranquille, de la jolie fratrie presque parfaite. Cet article je le réfléchis depuis longtemps. Parce qu’il est difficile à écrire, que les mots justes sont difficiles à trouver, et que si il doit exister il faut absolument qu’il soit vrai, et complet.

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Je m’y retrouve et partage en mise à jour pour contexte…
Autant le dire dès maintenant, cet article risque de casser l’image de la petite famille tranquille, de la jolie fratrie presque parfaite. Cet article je le réfléchis depuis longtemps. Parce qu’il est difficile à écrire, que les mots justes sont difficiles à trouver, et que si il doit exister il faut absolument qu’il soit vrai, et complet.
Maxi, je t’en ai déjà parlé plusieurs fois par ici. C’est donc l’aînée de la fratrie, notre « grande » de 5 ans tout juste.
Cette enfant, c’est une petite fille qui a de l’énergie à revendre, qui aime jouer, courir, chanter, lire, dessiner, découvrir de nouvelles choses et raconter ses journées d’école. C’est une enfant un peu pot de glu, avide de jalousies. Une enfant pleine de cœur et de tendresse, très sensible, qui pleure lorsqu’elle ressent de la douleur ou de la tristesse chez les autres.
Maxi, c’est une enfant entière en fait, une véritable tornade qui ne se pose jamais, aux émotions intenses et aux réactions très vives. Une enfant un peu démesurée en fait, un peu extrême dans ses comportements.
Enfin, c’est comme ça que je la perçois en tout cas.
Pour dire vrai, Maxi, c’est surtout une enfant qui me fait me poser énormément de questions, qui me fait même souvent douter.
Une enfant qui me fait régulièrement culpabiliser.
Une enfant qui me fait peur même, parfois. Peur de moi. Peur de ma façon d’être maman.
Une enfant que je ne comprends pas. Et que son père ne comprend pas non plus, je crois.
Maxi c’est un peu pour moi l’incarnation de la dure réalité de la parentalité.
Celle qui te fait prendre conscience que non, être parent, ça n’est pas toujours simple. C’est même souvent compliqué. Et que ça n’est forcément toujours magnifique non plus.
Avec Maxi, pour moi, être Maman, c’est souvent difficile. Dur même en fait.
Maxi, c’est l’enfant ultra-désiré, celui que l’on met du temps à avoir, et qui arrive un peu comme un miracle.
C’est aussi le premier enfant, celui par qui tout commence, celui avec lequel on fait ses armes de parent, celui avec lequel on découvre ces émotions si particulières et tellement fortes liées à la parentalité.
C’est aussi la seule de la fratrie a avoir été un temps, même court, fille unique.
Maxi, j’ai été seule avec elle à la maison 24h/24 pendant ses 11 premiers mois de vie. Puis j’ai repris le travail, et son Papa est parti souvent pour son travail.
Raisonnablement, on peut considérer que cette enfant a été en fusion quasi exclusive avec sa Maman pendant ses 18 premiers mois. Rien que toutes les deux. Je me souviens de ces moments partagés avec émotion. Du cododo quand papa est absent. Des milliers de photos. Des longs moments au bain où je riais parce qu’elle mettait de l’eau partout. De l‘émerveillement à chaque tout petit progrès. Des étoiles dans les yeux et des papillons dans le ventre chaque fois que son visage traversait mes pensées.
De ces instants privilégiés, uniques, intenses, si particulièrement intenses, que l’on ne vit de cette façon qu’avec le premier.
Regarder ce petit bout de bébé grandir, évoluer, avancer. Se sentir épanouie et comblée, vibrer devant ce petit être, être cette maman ultra protectrice, fusionnelle même, que jamais je n’aurai soupçonnée.
Et puis on a déménagé. Retrouvé une vie de famille normale, le Papa a repris sa place. On était bien là tous les 3. On préparait l’arrivée de Mini qui entre temps s’était invité dans mon bidon.
Elle a continué à grandir la Maxi. Petit à petit, elle a gagné un nouveau surnom : Terrible Two. Ca lui allait à ravir.
Du Terrible Two à la mode Maxi, pas dans la demi-mesure du tout. Du genre qui a commencé à 21 mois et n’a peut être bien jamais pris fin. J’en sais rien en fait. Je sais même plus si c’était du Terrible Two ou « juste » son caractère qui commençait à s’affirmer.
Je me rappelle qu’à l’époque j’en riais, beaucoup, de cette mini crise d’ado. Même si j’ai eu aussi mes moments de colère, de dépassement voire de dépit, je te rassure. Mais je gérais plutôt bien malgré tout, je trouvais ça mignon, voir devenir mon petit bébé un être affirmé, qui grandit, qui prend sa propre personnalité. Je me souviens même que je disais que je préférais qu’elle ait du caractère, qu’il en faudrait pour l’école et pour la vie d’adulte ensuite.
Et puis, je ne sais plus.
Le trou noir.
L’oubli.
Je ne saurai plus dire comment les choses ont changé. Ni quand. Toujours est-il qu’aujourd’hui, tout est tellement différent.
Cette enfant devant laquelle je m’émerveillais, cette enfant de qui je me sentais si proche, cette relation si intense, si belle, n’est presque plus aujourd’hui que conflit.
Mon enfant, je ne la reconnais plus.
Mon enfant, souvent, elle m’énerve, je peine à la supporter.
Mon enfant, j’ai désormais du mal à vivre avec elle des moments de complicité.
Mon enfant, elle parle tellement fort que je peine finalement à l’écouter.
Elle cherche sans cesse les limites, prends du plaisir à les dépasser. Elle provoque, nous regarde avec un sourire défiant lorsqu’on lui demande de s’arrêter.
Elle contredit sans cesse, dit non quand on dit oui, oui quand on dit non.
Elle part dans tous les sens, touche à tout, donne des ordres.
Elle martyrise sa soeur, le frappe, l’invite fourbement à faire ce qui est interdit pour mieux venir nous vendre l’info ensuite.
Elle chante quand on lui demande le silence. Se tait quand on lui pose une question.
Elle casse, jette ses jouets, puis pleure parce qu’elle ne les a plus. Elle se punit toute seule, s’isole dans une pièce d’elle-même, puis hurle parce qu’elle est seule.
Elle répète en boucle des trucs qui ne veulent rien dire, attend gentiment que je finisse par perdre mes moyens à force de l’entendre. Me regarde m’agacer, se marre.
Puis pleure.
Elle a ce regard provocateur, ce sourire moqueur qui sait nous désarmer et nous mettre hors de nous.
Elle est dans la défiance, tout le temps. Elle me fatigue, m’agace. Elle cherche l’attention, je sais. Bien sûr que je sais. Et pourtant. Plus elle cherche, plus elle m’énerve, plus je me ferme. Et plus elle cherche.
Et on crie. On punit. On ignore parfois. On essaye d’en jouer, d’en rire. De discuter. D’expliquer. De comprendre. De poser des questions. De passer du temps avec elle.
Et l’on s’interroge. Je m’interroge.
Je culpabilise de cette impression de ne plus voir mon enfant que de manière négative. D’avoir loupé un truc, ou plusieurs. D’avoir forcément fait, ou peut être de n’avoir pas fait, un truc essentiel à l’origine de tout ça. Mais lequel… Lesquels ?
Me dire que nous sommes forcément fautifs, il y a forcément quelque chose qui rend cette relation si dure, si conflictuelle.
Me dire que peut être tout ça est du à l’arrivée de Mini.
Me dire parceque peut être nous ne savons pas nous y prendre. Trop strictes, ou pas assez ? Attachés à des principes bidons, qui donnent trop d’importance à certaines choses, pas assez à d’autres ? Qui ne se mettent pas suffisamment dans sa tête, à sa hauteur ? Ou qui peut-être s’y mettent trop ?
Me dire que peut être ça n’est rien du tout ? Juste un passage normal dans une vie de parent ?
Me dire que peut être ça n’est « que » son caractère ? Juste ça ? Et avoir peur d’être cette mère indigne qui ne supporte pas le caractère, la personnalité de son propre enfant…
M’apercevoir qu’à force d’être dans le conflit, la relation se brise encore et encore, qu’avec le temps qui passe, je m’éloigne moi-même d’elle. Que je ne suis plus très réceptive à ses sollicitations. Culpabiliser, encore. S’interroger, toujours.
Se sentir profondément triste. De voir cette relation avec son propre enfant à ce point dégradée. Si éloignée de ce dont on avait rêvé.
Et si au fond, c’était ça ? Une relation trop idéalisée, et finalement rattrapée par la réalité, loin du rêve, de l’idéal, juste le vrai, le quotidien, la vie de parent.
La vie de parent jalonnée de questionnements, de doutes, de peurs, de chutes aussi. Et de bons moments aussi, d’instants magiques, de moments d’émotion.
Mon enfant, elle me touche, tellement. Je la trouve si mignonne, quand elle est assise à discuter avec ses doudous. Quand elle me raconte ses histoires de copines en rentrant de l’école. Quand elle m’offre de ses vraies ouevres d’art dde dessins. Quand elle m’aide à bien mettre la table.
Quand je découvre son cahier d’école, ses progrès, et que je ressens cette fierté qui donne des frissons.
Quand elle nous inonde de ses « je t’aime très fort ma Maman / mon Papa ».
Parfois, malgré tout, on capte d’excellents moments. Précieux. Beaux. On rigole, on joue, on partage, on lit une histoire. On retrouve chacune cette lueur, ce regard complice qui se fait si rare.
Bien sûr, je suis emplie d’amour pour ma fille. C’est mon enfant, mon grand bébé, ma grande fille. Je tremble quand je la vois pleurer partir avec le centre aéré. Je m’inquiete quand elle s’est fait agressée par les copains.Je suis fière de la voir si bien grandir. Je trouve que c’est la plus jolie de toutes les petites filles du monde entier. Je fonds devant son sourire. Bien sûr, que l’on s’aime, toutes les deux, très fort, tellement que l’on se prend la tête tout le temps.
Parce que je dois bien l’avouer, elle me ressemble tant. Ce caractère, cette défiance, ces provocations, cette façon insidieuse d’essayer d’attirer l’attention, ce besoin d’amour et de reconnaissance qui se bat sans cesse avec une immense volonté d’indépendance. C’est tellement… Connu, pour moi, tout ça.
Après tout ça, je ne sais plus si je ne la comprends pas, ma Fille, ou si je la comprends trop.
– Elle me perturbe, ma Fille. Pleine d’amour, hyper sensible. Si tendre, si douce. Et si dure à la fois

Je grandis avec un sévère hiver

14 Janvier 2011 : 6 mois
– Poids de Margaux : 6,75 kg. Je prends 0,750 kg
– Taille de Margaux : 62 (j’ai grandi de 2 cm).
– Tour crânien : 42.8 cm (j’ai grossi de la tête 1,3 cm).
Je me suis dit que maman n’écrit pas beaucoup des notes pour moi. Et je sais qu’elle
22/01/2012 : je me retourne toute seule. C’était aussi le réveillon de l’année du dragon. Mais depuis que je sais me retourner, je deviens soudain désagréable, je pleure toute la journée. J’ai peur que maman me laisse toute seule. Je commence être jalouse avec ma grande sœur. Si maman joue avec elle et ne s’intéresse pas à moi, je fais mon foin, je pelure pour l’embêter. Du coup, maintenant, il faut qu’elle me consacre aussi du temps, pour de vrai, pas comment avant, juste pour me changer, pour me nourrir. Non, je suis aussi une vraie personne qui a besoin des câlins et des intentions. Pas question qu’elle ma balance dans le lit pour que je m’endorme toute seule pour qu’elle soit tranquille à faire la cuisine, à faire les ménages, à jouer avec Julie. Je ne suis pas la dernière carotte. Et la nuit, elle reste à côté de moi quelques temps, ce sera largement suffisant pour que j’aie une bonne et longue nuit…
Parlons de la nuit, il faut dire que je suis très sage de faire mes nuits. Je commence à tenir 6h de sommeil vers 2 mois et petit à petit jusqu’à mes 6 mois, je dors déjà comme un grand, je tiens de 20 à 8 du lendemain.
A l’inverse de mes sommeils, pour mon côté de manger, j’étais moins sage plus têtue ou maman ne savait pas s’y prendre pour me comprendre. Bref, il me fallait presque 3 mois pour que j’accepte le biberon et abandonner les seins de maman. Mais c’est drôle, une fois j’ai adopté le biberon, je ne reviens même plus du tout au sein de maman. C’est catégorique pour maman. Et dire que j’ai accepté au moment que j’étais hospitalisée une semaine pour commencer l’année 2012, personne n’y croirait. Oui, c’étais un moment difficile pour tout le monde, le 1er janvier, j’étais hospitalisée pour la bronchiolite et une otite qui font bien infecter mes poumons. Julie est revenue à l’école après 2 semaines de vacances et il faut qu’elle attaque très dur en toute journée tandis qu’elle s’habitue avec les demi-journées seulement. Et papa doit la chercher et s’en occuper d’elle et la maison pour que maman reste avec moi à l’hôpital. Mais bon, après, j’ai pris le biberon comme un grand et je me ressemble à ma sœur qui voulait tenir très tôt son biberon toute seule… Et depuis j’ai commencé aussi la diversification qui m’amusait beaucoup plus. Et j’ai accepté plus facilement que la transition sein-biberon.
Côté d’éveil, j’étais toujours très en avance avec le toucher, l’ouïe ; je rigole à éclat, je papote comme un chat, j’attrape tous sous ma main, je les tiens et je les mange. Je suis souriante quand on me parle. Mais je suis un peu déjà en phrase « la peur du 8e mois ». Car je m’habitue trop à être à la maison avec maman ? Maintenant, je veux me tourner partout, même sur la table à langer… Je commence à m’énerver pour attraper des choses loin devant moi car j’essaie à avancer sans succès. Mais le problème qui se pose c’est qu’une fois sur le ventre, je ne sais plus revenir sur le dos… Mes jeux préférés : tirer la langue mais bien courbée et cracher comme un crapaud, manger les livres, tirer à toute force le mobile. Oui, je m’intéresse beaucoup à des mobiles…

14 Février 2011 : 7 mois
– Poids de Margaux : 7.3 kg. Je prends 0,550 kg
Taille de Margaux : 64 (j’ai grandi de 2 cm).

Le TGV de crevette

ça fait 17 jours que je suis hospitalisée et 12 jours que tu es née. Je me demande si j’écris quelques choses pour toi, ma petite ? Car ton accouchement et ma 2e grossesse marquent trop de cauchemars…
En ce moment là, tu dors paisiblement à côté de moi mais le temps précédent, où tu étais encore dans mon ventre, c’était un temps orageux. Et tu es si sage, ne se plaint de rien, même si je m’en occupais de moi, de toi beaucoup moins qu’à l’époque où j’étais enceinte de ta sœur… Beaucoup de raisons pour que je ne trouve pas le temps de te parler, à part la nuit, avant de dormir. Le déménagement, les sorties avec Julie, les travaux de l’appart, et le fait que je ne suis pas vraiment prête pour t’avoir, juste pour faire plaisir à ton père qui voulait les deux enfants rapprochés…

J’avais très très mal au dos, à gauche, tellement que je ne pouvais pas bouger et j’ai vomi de la douleur. Je me demandais, peut être j’ai fait trop d’effort pour emmener Julie partout, pour compenser pour elle avant ton arrivée car je sais que je ne pourrai pas m’en occuper d’elle quand tu seras là car tu es plus petite, tu demandes plus de soins. Le soir, j’ai tellement mal, j’ai senti quelque chose anormale, j’ai décidé d’aller à la maternité. Manque de peau, avec ma douleur incroyable, il pleuvait quand je suis descendue. Et j’ai vomi encore devant la station d’essence. Le patron de cette station m’enguellait comme si j’étais une ivre !!! Seulement quand j’arrivais à me lever, il voyait mon ventre et il a arrêté.
15 min dans le bus est longue avec ma douleur. Quand je suis arrivée à la maternité, en m’examinant, ils m’ont dit que le col est un peu raccourci et est ouvert 1cm, il faut que je reste mais ils n’arrivent pas à trouver la raison de ma douleur, à part de me donner les calmants et le spasfon. Puis papa et Julie arrivent nous rejoindre quand je suis entrain piquée le corticoïde pour renforcer ton poumon au cas où tu sors tôt… Puis en voyant notre famille et ma douleur régressant, ils acceptent que je rentre à la maison mais en revenant encore le lendemain pour contrôle et 2 prise de corticoïde… Tu avais 33 semaines et 3 jours… Je me sens soulagée que ma douleur n’a rien à voir avec ton accouchement, tu peux rester encore au chaud dans mon ventre….
Dimanche le 10/07/2011
La nuit, j’avais encore mal comme la veille. Je n’arrivais pas à m’en dormir. Je prenais encore les calmants qui m’aidaient à passer la douleur. Puis à 11h du matin, encore une douleur incroyable, constante, et dure jusqu’à 14h, je ne pouvais plus, j’ai appelé un médecin urgent à domicile… qui est super nul, est capable de prendre notre téléphone pour téléphoner à la maternité pour leur dire qu’il faut que j’y aille les voir plus tôt. Puis, il partait avec un chèque de 50 eur sans donner plus de détails de diagnostics…
J’attendais quand même mon rendez-vous avec ma douleur, pour passer le plus de temps possible avec ton père et Julie. Et j’ai vomi encore, puis suis allée à la maternité pour le 2 corticoïde. Mais là, après une perfusion pour anti douleur qui ne marchait pas, l’interne est venu me voir en écho et a découvert que j’ai un calcul dans le rein gauche, qui le fait dilaté. Le verdict d’hospitalisation sans être prévenue comme quand j’étais enceinte de ta sœur revient…
A 22h du soir, j’appelle papa pour lui dire que je ne rentre plus et puis je suis emmenée dans une chambre de grossesse à gros risque… J’étais tellement triste, je ne comprenais pas pourquoi les autres femmes n’ont aucun problème pour la grossesse et l’accouchement et moi, à chaque fois, je vous mets en danger d’être prématurées ?
Et cette nuit là, ma colique néphrétique est au plus haut point, tellement que les 2 fois de perfusions de morphine ne marchaient plus. La maternité a décidé d’appeler le service d’urologie pour m’opérer dès le lendemain matin…
Lundi le 11/07/2011
Je suis transférée en urologie par les ambulanciers (ils me connaissent tous à force des allers retours). Tout passe très vite, papa ne pouvait même pas me retrouver avant mon opération, pourtant, j’en ai besoin cette présence. Tous mes souvenirs de cette première opération sont très flous. Ils me font dormir après m’avoir mis une casque d’oxygène sur le nez… Une demi- heure après, j’étais dans la salle de réveil toute sombre. Je sanglotais à ce moment là, tellement que la dame de la salle de réveil a appelé papa. Pleins de vieux sur les lits comme moi, comme les morts. Je me sens très incapable… Par contre, le fait de mettre une sonde double J de 20cm dans mon ventre me soulageait un peu.
Mardi le 12/07/2011
Je commençais à m’en avoir marre la personne dans même chambre de moi. Elle n’a rien comme risque de grossesse mais elle prie l’hôpital pour y rester, pour en profiter, pour éviter de rentrer à son appart à 6e étage sans ascenseur. Le pire, elle tchatte tout le temps en voice à haute voix jusqu’à la nuit, et je n’arrive pas à supporter avec mes douleurs. En plus mes contractions arrivent… toutes les 10 minutes.
Jeudi le 14/07/2011
Toutes les deux nuits de mercredi et jeudi, je n’arrivais pas à m’endormir avec les allers retours des sages femmes car mes contractions étaient de plus en plus efficaces et rapprochées. Ça commençait à ouvrir davantage mon col… Mais je ne sais pas si parce que j’ai déjà accouché une fois ta sœur, ou la douleur du rein fait fausser mes douleurs de contractions. J’ai supporté les dernières en espérant que c’étaient des fausses et que tu resterais encore au moins 2 semaines dans mon ventre. Le matin, papa emmène Julie nous voir et pas avec ta valise. Il m’a dit : « Mais tu ne vas pas accoucher cette semaine ! ». Oui, je ne le voulais pas non plus, mais je sentais un doute… Mais je voulais tellement croire que la perfusion empêchant les contractions marche aussi bien que celle qu’on m’avait faite à 6 mois de grossesse de ta sœur… Et je me demandais où j’ai trouvé la force pour supporter toutes ces douleurs ??? Oui, l’espoir que tu restes encore dans mon ventre me donne ces forces et m’efforce à me mentir moi-même.
Le midi, lors d’un examen, l’interne me disait : « votre col est effacé, et ouvert 3 cm. Il faut préparer à accoucher, je préviens la salle d’accouchement en bas ! ». Je lui ai dit que non, je n’y croyais pas car j’ai réussi à garder ta sœur 2 mois de plus avec l’ouverture de col de 3cm aussi.
Et à partir de ce moment là, je ne voulais plus qu’on me touche, tu ne peux pas sortir maintenant. Monitoring était toujours sur mon ventre, toute la journée… Les sages femmes viennent me voir toutes les demi-heures…Ils me changent en chambre individuelle et m’obligeaient à me reposer pour te garder. Mes contractions deviennent de plus en plus douloureuses mais je serre les dents et n’ai appelé personne. Puis, j’avais une contraction juste au moment où la sage femme est venue. En me regardant de tortiller sur mon corps, elle a dit « mais c’est bizarre quand même vos contractions, je vais vous examiner ». Puis, elle est est sursautée en me disant : « «C’est déjà ouvert 8cm, vous n’allez pas accoucher dans votre chambre ! ». J’ai pleuré et j’ai peur, j’ai appelé ton père très vite. Et là, tout e monde court pour me faire descendre à la salle d’accouchement…
Dans la salle d’accouchement, tout allait très vite aussi, ils préparaient tous les ustensiles, m’a posé la péridurale puis m’a dit : « c’est déjà ouvert 10 cm, il faut appeler votre mari ».
17h40, le sage femme perce la poche des eaux et 17h42, je sens ta tête dehors puis tout ton corps est sorti. Puis le sage femme dit « le voilà, c’est un accouchement TGV ». ET moi, après, je l’ai nommé TGV de crevette car papa t’appelait toujours la crevette ! ET maintenant, je crois aux histoires dans des potins magazines qu’il y a des femmes accoucher chez elles ou dans la voiture, sur la route… Ma belle, tu es si crevette mais tu faisais peur à tout le monde !!!
Mais les cauchemars continuent, je devais m’opérer encore 2 fois pour cette maudite sonde double J. Et je ne pouvais pas m’en occuper de toi les 5 premiers jours.
Histoire du 17h42 le 14/07/2011
Tu pleurais très fort à ta sortie, plus fort que ta sœur. Et le sage-femme dit à ton père de couper ton cordon. Les ciseaux ne sont pas très bien ou papa est encore sous le choc, il n’arrivait pas. Puis, ils nous ont demandé ton prénom pour faire un bracelet. Papa me regardait et on se rigolait car tu es venue trop vite, on a réfléchi ton prénom mais n’a pas encore décidé définitivement. Et là, il faut décider entre Chloé, Laetitia, Margaux ou Margot ? On a dit donc Margaux après un instant de réfléchir. Puis, l’équipe est super sympa, nous a autorisé de faire rentrer Julie te voir. Ta sœur était super contente de te voir et adopte tout de suite ton prénom : « Margaux, ma petite sœur » a dit elle. Nous sommes assurés pour ton prénom. Tu es si petite, mon dieu mais de chance, tu tétais très fort et très bien dès le départ. On ne peut pas avoir que des problèmes !!! Je n’ai pas pleuré à ta naissance mais je suis très heureuse de t’avoir, ma chérie.
Puis, papa rentre avec Julie. Je reste toute seule avec toi. Cette nuit là, je ne pouvais pas dormir non plus, cumule avec les 4 nuits précédentes blanches qui continuent dans les jours suivants… Je ne pouvais pas t’admirer toute la nuit comme je souhaitais, ça coupait par les nouvelles douleurs…. J’ai peur un baby blues…
A la naissance :
Tu mesures 45,5cm
Tu pèse 2,2 kg
Ton tour fontanelle est de 31 cm.
Vendredi le 15/07/2011
J’avais encore mal au dos comme la semaine précédente. Les internes m’ont envoyé donc encore dans le service d’urologie pour faire un uroscanner. Et cela signifie donc que tu es encore gardée par le service de la maternité. Pourtant, j’ai plein de colostrum à te donner qui devait être tiré et jeté pour 6h …
L’uroscanner est comme une machine pour brûler le corps des morts ;-). Et le résultat de ce dernier est sombre. Ma sonde double J est tombée, ce qui provoque mes douleurs la veille. Je me demande quelle étoile brille ce mois ci, pour mon mois de naissance et le tien aussi ?
Donc, une nouvelle opération est programmée pour le lendemain matin.
Samedi le 16/07/2011
Aujourd’hui, mon lait est transformé un peu en blanc, le signe de l’arrivée de lait. Tu m’as tétée seulement « ou 4 fois depuis ta naissance mais j’ai la montée de lait plus vite que pour ta sœur.
A chaque opération, je devais être à jeûne depuis la veille. LE pire c’est de ne pas pouvoir boire. Et ils ont reporté mon opération à l’après-midi…
Enfin, je pouvais rentrer dans salle d’opération qui était comme salle d’opérations des animaux… Mais quand l’anesthésiste m’a demandé si je désirais l’anesthésie locale ou générale, j’ai eu du courage pour choisir local en pensant que je pouvais t’allaiter après mon opération et je pouvais contrôler ce qu’ils faisaient sur mon corps. (avec anesthésie générale, il faut jeter du lait 24h après l’opération). Mais j’ai eu tort, l’anesthésie locale me fait subir encore des douleurs et des cauchemars. On a pu me piquer sur ma colonne vertébrale au bout de 3e tentative car c’est même endroit qu’on m’avait piqué pour ton accouchement. Puis, j’avais encore une crise néphrétique quand la nouvelle sonde monte au dos … Encore la morphine en perfusion. Puis encore la salle de réveil toute noire avec cette fois ci un monsieur qui chie à côté sur son lit et ça sent mauvais dans toute la salle.
14 Août 2011 : 1 mois
– Poids de Margaux : 3,030kg. Je prends seulement 800g depuis la naissance
– Taille de Margaux : 48 (j’ai grandi de 2,5 cm).
– Tour crânien : 34 cm (j’ai grossi de la tête 3 cm).

Un bébé ? Quelle drôle d’idée !

Je m’appelle Gudule. J’ai une trousse pleine de billes et des chaussures vernies qui brillent.
Ma maman fait souvent des crèpes. Mon papa m’emmène au cinéma.
Jusqu’à maitenant, tout allez bien pour moi…

 

Mais brusquement, à la piscine, j’ai remarqué que le ventre de maman était tout rond.
Un peu comme si elle avait avalé un petit ballon.
Le soir même, mes parents m’ont annoncé qu’on allait avoir un bébé…
Un bébé ?
Quelle drôle d’idée !
Mais on, c’est qui ?
C’est moi aussi ?
Il faudrait peut-être me demander mon avis.
Je n’ai jamais dit que je voulais un bébé moi !
J’en ai parlé à l’école.
Les nouvelles ne sont pas bonnes ! Bertrand m’a dit que les bébés, ça pleure tout le temps, et tellement fort que même en se mettant de la pâte à modeler dans les oreilles, on les entends encore !
Sa petite soeur, quand elle dort, personne ne doit faire de bruit.
Mais elle, elle ne se gêne pas pour reveiller tout le monde au milieu de la nuit !
Marie-Aglaé m’a dit que les bébés ça ne comprend même pas ce qu’on dit.
Quand on leur met un bonbon sous son nez, ça ne sait même pas l’attraper.
Et en plus, ça vomis !
Mes parents ne se rensent pas compte de la catastrophe qui nous pend au nez !
Plus le ventre de maman s’arrondit, et plus ils ont l’air ravis ! Maitenant, son ventre est gonflé comme un ballon de foot, carrément !
J’ai essayer de les aider.

Un jour, au milieu du diner, j’ai dit :
Mais on a le droit de faire naitre un bébé, et ensuite de le mettre à la poubelle ?

-Quelle horreur ! a hurlé maman

-Voyons, Gudule, dit papa, si on a un bébé, c’est pour l’aimer, pour lui donner à manger, pour l’embrasser… Pas pour le jeter !

Et tous les deux ils m’ont regardée bizarement, longtemps, longtemps.
Le lendemain, ils m’ont acheté une poupée dans un panier. C’est une poupée copiée sur les bébés.
Elle n’a pas de cheveux, pas de belles robes, rien.
Juste un biberon et un pyjama tout mou.
Elle est moche. Je ne l’aime pas du tous.
Je l’ai rangée dans un coin.
Si c’est ça les bébés, merci bien !

J’aimerais tant faire comprendre papa et maman que leur meilleur bébé, c’est moi.
Moi, je sais tout faire comme une geande. Et je sais aussi faire le bébé. Par exemple, je pousse des cris :
Moi veux pas ziande hachée, moi veux biberon, bouillie, agueuh !

Et je lance toutes mes affaires en l’air.
Mais chaque fois que je fais ça, maman s’enerve :

Gudule, arrête de faire le bébé, arrête de faire l’imbécil, s’il te plait !Et quand je répond :

Si les bébés sont des imbécils, pourquoi tu en fait un toi ?

Maman se met en furie :

Gudule ça suffit !

Même la boulangère s’y met.
Elle n’arrête pas de se pencher par-dessus sa caisse pour me demander :

Alors, tu préfèrerais une petite soeur ou un petit frère ?

J’ai beau lui répondre :

Je préfèrerais rien, elle recommence tous les matins…

…Et le ventre de maman continue à gonfler comme une mongolefière…

Finalement, à force de gonfler, maman est partie faire son bébé.
On est restés seuls papa et moi.
Heureusement que j’étais là pour aider à la cuisine.
Le premier jour on a mangé des raviolis.
Le deuxième jour on à mangé des raviolis.
Le troisièmes jour on à mangé des raviolis.
Le quatrième jour onà mangé des raviolis.
Le cinquième jour on à mangé des raviolis.
C’était super.

On a aussi préparer les affaires pour le bébé.
1 berceau.
Des jolis rideaux.
Un pèse bébé.
Une table à langer.
Des biberons.
Un petit hochet.
Du lait en poudre.
Des stocks de couches…
A la fin, j’ai dit à Papa :

Tu ne trouves pas qu’il prend beaucoup de place pour un petit bébé comme ça ?

Papa a eu l’air gêné.
Du coup, il m’a emmenée choisir ce que je voulais au magasin de jouets.
J’ai pris un déguisement de vampire, une famille de robots gluants, et un monstre intérsidéral. Ca ma bien remonté le moral.
Et puis maman est rentrée avec le bébé.
C’est un garçon.
Il s’appelle Gaston.
J’aime bien ce nom.
Je ne m’attendais pas à ce qu’il soit si petit, si ridé, si recroquevillé !
Mais ça ne m’a pas empêchée de lui dire ses 4 vérités :

Tu sais, Gaston, mon petit gars, ne t’imagine surtout pas que tu vas faire la loi, dans cette maison. Je suis là depuis plus longtemps que toi, et…

A ce moment-là, j’ai dû m’arrêter parce que maman est entrée.
C’est moi qui ai donné à Gaston son premier biberon, tout doucement, comme un petit chat. C’est bête, mais c’est vrai : c’est mignon.
En plus, Marie-Aglaé m’a raconté des âneries : mon petit frère n’a jamais vomis.
Bertrand aussi s’est trompé : mon petit frère ne pleure presque pas. Il a même fait son premier sourire à 2 mois.
Et vous savez à qui il a souri ? A moi
Il m’aime vraiment beaucoup, je crois.
Evidemment, ça me fait un peu honte à cause de toutes les méchancetés que je lui est dites, le jour de son arrivée. Il est gentil : il fait comme s’il avait tout oublié.

De mon coté, j’essaie de l’aider.
Je lui montre comment marchent les jouets.
Je l’aide à finir sa purée.
Je le défends contre la voisine qui lui tricote tout le temps des bonnets.
Hier, Gaston a parlé pour la première fois. Il a dit :Du…Dule…
Tout le monde s’est regardé.
Je n’est pas pu m’empêcher de crier :

Du…Dule… C’est Gudule ! C’est moi !

Je m’appelle Gudule.
J’ai une trousse pleine de billes, et des chaussures vernies qui brillent, et surtout un petit frère extra.

A deux beaux yeux

Théophile GAUTIER (1811-1872)
La comédie de la mort

Vous avez un regard singulier et charmant ;
Comme la lune au fond du lac qui la reflète,
Votre prunelle, où brille une humide paillette,
Au coin de vos doux yeux roule languissamment ;

Ils semblent avoir pris ses feux au diamant ;
Ils sont de plus belle eau qu’une perle parfaite,
Et vos grands cils émus, de leur aile inquiète,
Ne voilent qu’à demi leur vif rayonnement.

Mille petits amours, à leur miroir de flamme,
Se viennent regarder et s’y trouvent plus beaux,
Et les désirs y vont rallumer leurs flambeaux.

Ils sont si transparents, qu’ils laissent voir votre âme,
Comme une fleur céleste au calice idéal
Que l’on apercevrait à travers un cristal.

Certitude

Paul ELUARD (1895-1952)
Derniers poèmes d’amour

Si je te parle c’est pour mieux t’entendre
Si je t’entends je suis sûr de te comprendre

Si tu souris c’est pour mieux m’envahir
Si tu souris je vois le monde entier

Si je t’étreins c’est pour me continuer
Si nous vivons tout sera à plaisir

Si je te quitte nous nous souviendrons
En te quittant nous nous retrouverons

29 novembre 2010 : L’automne hivernal pour mes 25 mois

     Poids de Julie : 11,950   kg.

     Taille de Julie : 90 cm

     Tour de tête : 50

Ce mois-ci, je vais changer du sujet pour parler d’autres côtés sympathiques d’une fille comme moi. Non, plus précisément, d’une fille à mon papa. Pourquoi je suis la fille de mon papa ? Bah, on verra ensemble :

*    Parce que j’ai  les cheveux tous fins et bouclés

*    Parce que j’ai deux      sur mes joues, on me les voit bien quand je souris.

*    Parce que j’ai une bouche qui descend toute rose, surtout quand je dors. Cela fait un ensemble de bouche et menton de « papa ». Ce trait n’a jamais été changé sur mon visage depuis ma naissance

*    Parce que j’ai toujours une otite comme lui

*    Parce que je ne mâche jamais en mangeant, pour pouvoir vomir après

*    Parce que j’aime bien être chef, donne les ordres aux autres à haute voix et avec le doigt

*    Parce que j’aime bien m’habiller

*    Parce que je suis maniaque, je veux des choses à leurs noms, à leurs usages, à leurs places…

*    Parce que je m’embête maman comme papa. J’aime bien lui partager toutes mes misères dans la vie. Surtout quand je suis fatiguée, bah, je fais marcher et avoir à maman.

*    Parce que j’aime bien prendre des apéros au lieu de manger mon vrai repas

*    Parce que ….

*    Et simplement, parce que je m’appelle Julie, je suis la jolie fille de mon papa !!!

 

Et papa, pourquoi je suis la fille de maman ? Pour quoi ?

 

 

Mon anniversaire de 2 ans

Ma deuxième bougie

     Poids de Julie : 11,820   kg.

     Taille de Julie : 87 cm

     Tour de tête : 50

Mon dernier anniversaire, j’étais à l’hôpital pour une fracture. Cette année, plus de chance, on croise le doigt… Mais j’ai quand même une otite pour bien marquer mon anniversaire… Bref, mais j’ai pu souffler quand même mes 2 bougies, à vrai terme car j’ai su souffler cette année de mes forces. Pas seulement ça, je les ai soufflées à l’heure pile de ma naissance à 16h44…

Un petit point sur mes 2 années de poussières. Je commence à faire des vraies phrases, comme « c’est à moi » (phrase préférée), viens assis, mets là, je (ne) veux pas, donne, s’il te plait, pousse – toi, C’est qui ? C’est quoi ? Pourquoi ça ?, merci tata, tonton….

Je suis plus douée aussi pour dessiner des choses un peu plus subtile, je dessine des ronds ou le poisson par exemple, au lieu de faire des gribouillages. Je fais des progrès énorme pour brosser les dents toute seule. Je chante avec des rythmes mais aussi avec des sons, des mots plus compréhensifs comme escargot tout chaud ; Saute, saute le lapin ; cerf, cerf, ouvre moi…

Par contre, pour dire une vraie chipie, on pourrait parler de moi comme ça. Par exemple, je déchire un truc, puis je reviens demander pourquoi il est comme ça ? Je fais tomber des choses, je crierai : « oh, oh, oh ». Maman veut me changer la coucher ou veut me coiffer, pour qu’elle me laisse tranquille, je dis, mal, bobo, ne (me) touche pas !

Et évidemment quand je n’obtiens pas ce que je veux, ma scène de comédie qui se compose de crie, des pleurs, des pieds dans l’air, des jets, des coups à des objets à côté… se répète sans fin…

A chaque fois que maman me contemple dans ces scènes, elle se demande, quand est ce que le cri des 2 ans vont terminer ? Et c’est ça le boule qui est sorti de mon ventre ???

Mais d’un autre côté, de me regarder faire des grimaces pareilles que papa, de faire des imitations comme une vraie vielle grand-mère très maniaque, de donner des ordres comme un vrai petit chef de la maison… je sais que mes parents se regardent l’œil dans l’autre pour dire qu’on est bien heureux de m’avoir…

Mine de rien, le temps passe. Il passe tant et tant que j’entame ma troisième d’année d’existence depuis 3 jours. 2 ans que mes parents apprennent avec moi d’oublier les grasses matinées. 24 mois que petit à petit, tous les objets fragiles et précieux grimpent d’un étage de mes propres petits doigts.

Bref, 24 mois au cours desquels je fais connaitre mon existence à mon entourage avec :

– “non”, “pas”, “aime’pas”, “bahhhhh”, “là-bas”, “maman”, “papa”, “pain”, “chuuut”, « lapin », « escagot », coq », « chien », « chat », c’est à moi », « pas touché », …..

– Changer d’avis sur le bain, tantôt c’est super agréable, tantôt, « non, pas le bain ».

– Ma conception de faire les nuits, à ma rythme, avec ma réclamation de « bonbon », « gâteaux » à 2h du mat…

– J’ai découvert qu’en tournant plusieurs fois sur moi-même, y’a moyen de se sentir comme une reine, de faire éclater papa et maman…

– Je monte les escaliers à la vitesse de la lumière et les descend encore plus rapidement.

– Je déteste être dans ma poussette. Sauf avec un gâteau

– Je déteste mettre mes bottes. Seulement avec une paire de chaussures rouge pourri récupéré de ma cousine. Mes jolies bottes toutes neuves de maman, n laisse dans les vitrines !!!!

– Je n’accepte de manger que si moi-même munie d’une cuillère avec laquelle je donne à mon doudou.

– J’ai peur du sèche-cheveux. Du coup, depuis l’hiver arrive, maman se demande comment organiser son emploi du temps pour me donner un bain sans devoir sortir après ??? Bah, réponse facile, le soir, oui, mais, cela signifie bien que la course à la fin de la journée de travail est pire que la matinée !!! Bah oui, si non, j’ai faim et j’ai sommeil après !!!

– Je suis châtaine, sauf si le soleil s’en mêle, semblant laisser quelques traces ambrées dans mes cheveux..

– Quand je lis mes livres, je chante à haute voix comme si je suis une vraie actrice sur scènes où en bas, y a plein d’admirateurs, bref, les yeux de maman comptent comme ceux des 1000 admirateurs…

Deux ans et des poussières

Un article intéressant sur le net.
Quand Julie est en avance partout…. Ce domaine là aussi…

Parmi les joyeusetés de la maternité dont tout le monde se garde bien de te parler avant que tu passes à l’acte, il y a ce qu’on appelle pudiquement “le passage difficile des deux ans”.

En même temps, c’est un peu comme l’épisiotomie, les montées de lait, les vergétures ou la perte du bouchon muqueux. Si tu savais vraiment à quel point c’est moche, jamais tu ne te lancerais dans l’aventure.

Sauf qu’à tout casser, la bouée sur laquelle tu t’assieds parce que tu as l’intimité en chantier, ça dure deux semaines.

Le passage des deux ans, c’est l’inverse du contrat précaire. Si tu n’as pas de bol ça peut facilement s’étendre jusqu’à l’adolescence. Qui elle même est relayée par la post-adolescence. Qui dure, c’est bien connu avec les nouvelles générations, jusqu’à ce que mort s’en suive.

Mais revenons à ce qui nous intéresse. En tous cas moi.

Que se passe-t-il à deux ans et des poussières ?

Je vais essayer de prendre des pincettes des fois qu’il y aurait des femmes enceintes dans mon lectorat. Je ne voudrais pas déstabiliser les plus fragiles.

 A deux ans, pour dire les choses sobrement, ton enfant se transforme… en nazi.

Au début, ça se manifeste par des non à tout – même à ce qui deux jours avant remportait toute son adhésion, genre le bain – qui te font sourire. Tu as même la faiblesse d’en être fière et de parader devant tes copines sur le mode “Helmut a un caractère bien trempé” (= elle ira loin, au moins ce n’est pas une lavette). Et puis le non commence à être accompagné de quelques tapages de pieds, voire de moulinets de bras un poil gênants quand pupuce est en haut d’un toboggan interdit aux moins de 6 ans.

Tu commences à entrevoir que tu n’entres peut-être pas dans la période la plus sympa de ta vie. Mais tu es encore empreinte de tout cet amour qui déborde de toi pour ce petit être qui hier encore tétouillait ton mamelon avec tendresse.

Et puis arrive la première CRISE.

De préférence dans un lieu public. L’enfant de deux ans sait que c’est là que tu es la plus vulnérable. Je veux dire, subir les hurlements d’un cochon qu’on égorge chez soi, ça n’a rien de plaisant.

Mais au beau milieu de la queue des recommandés de l’agence postale de ton quartier, c’est la version 3D. Dans un bus bondé rempli de retraités qui en connaissent un rayon sur l’éducation, c’est encore mieux. Le pire étant le supermarché, sorte d’accélérateur à particules pour l’enfant de deux ans qui trouve dans chaque allée une raison d’exprimer son moi profond. A côté duquel celui de Joey Star est plus inoffensif qu’un bébé phoque.

Dans ces instants de rare solitude, même gavée de tranxène et sous l’influence d’un kilo de canabis, les plus ferventes opposantes à la fessée sentent leurs doigts fourmiller. Voire visualisent très nettement un lancer de chiard contre le mur le plus proche. Parfois, imaginer le bruit sourd de la collision procure même un plaisir coupable.

Et ça, c’est AVANT que l’enfant en plein tournant délicat des deux ans n’embraye sur la phase 2 de la crise.

La mue en une sorte de lamantin de douze tonnes.

Un phénomène très étrange que celui-ci. Ce bambin qui pèse en général 12 kilos grand maximum et qui au vu de sa célérité à se barrer d’un square dès que tu as le dos tourné ne manque pas de tonicité, semble subitement composé à 100% de gelée laxative. Tu le prends par les bras, ceux-ci te glissent des doigts comme des spaghettis trop cuits et tu te retrouves à le tenir par le cou ce qui n’est pas super recommandé si tu n’as pas dix ans d’ostéopathie derrière toi. Et encore. Tu tentes par la taille: le haut du corps part en arrière, te faisant redouter une fracture de la colonne, ce qui sur le moment résoudrait ton problème mais ne serait pas sans conséquence sur ta vie à venir. Reste le portage façon sac de farine sur l’épaule. Relativement efficace mais non sans risque. L’enfant de deux ans n’a en effet pas perdu son réflexe vomitif. Et retrouve instantanément son tonus musculaire pour te cogner avec application les omoplates avec ses kickers en titane.

Dans tous les livres de conseils psy à deux balles, on t’explique que le mieux dans ces cas là, c’est de respirer calmement par le ventre et de prendre un peu de distance, le temps que le nazillon se calme (ils ne disent pas nazillons évidemment mais désolée, personnellement le gremlin qui gesticule au rayon fromages parce qu’elle veut absolument manger là tout de suite de la mozarella (pratique) n’a plus rien d’un enfant).

A priori, les auteurs de ces torchons ne prennent pas en compte la crise au milieu du passage clouté alors que l’enfoiré de petit bonhomme vert clignote névrotiquement (prise de distance pour le moins délicate). Ni le fait que neuf fois sur dix, ton gamin n’en a rien à foutre que tu fasses semblant de t’en aller. Helmut trouve en général la force, en pleine apoplexie, d’arrêter deux secondes ses cris pour me dire au revoir quand je fais mine de m’en aller: “Très bien, rose, maman s’en va, si tu veux rester ici à te donner en spectacle au beau milieu du magasin, c’est TON problème. Tu as vu ? Là, je PARS. Tu vas rester TOUTE SEULE. Avec le vilain monsieur du supermarché qui va être très en colère (clin d’oeil complice au chef de rayon aussi agressif qu’un lapin nain). Au revouaaaaaar…”

“Avoir maman… Ouahiiiiiiiiiiiiiiinnnnnnnnnnnnnnnnnn”.

Ce n’est jamais SON problème.

Sachant que RIEN de ce que tu ne feras ne t’estampillera bonne mère. La fessée ? Très mal vu, très guantanamo, très vilain. ça te vaut immédiatement des regards consternés et lourds de reproches de personnes en ayant sûrement donné à tour de bras mais qui sont trop heureuses de se venger à l’instant présent de ceux qui en leur temps les ont qualifiées silencieusement de tortionnaires. Cercle vicieux, je crains qu’on ne puisse jamais cogner nos gamins en toute impunité. Moi même je ne résiste pas à la tentation de juger hâtivement une mère un poil nerveuse quand Rose est dans un bon jour.

Céder au caprice ? Parfois, ça peut retarder le problème, surtout si l’objet du courroux est le refus d’entamer le paquet de granola à 18h45 avant le pasage en caisse (mais il faut savoir que c’est à court terme, une crise non aboutie signifie une autre crise plus violente dans la journée. C’est prouvé.) Céder est par ailleurs plus compliqué si pupuce a tout bonnement décidé qu’elle ne voulait plus porter ses chaussures par moins 15 et sous la flotte. Carrément inenvisageable si mademoiselle refuse de monter dans sa poussette alors que tu dois emmener sa soeur ainée au solfège à une heure de métro de là et que tu es de toutes façons déjà en retard avant même d’être partie.

Hurler ? ça soulage et à tout prendre, j’ai la faiblesse de penser qu’une agression verbale laisse moins de traces qu’une torgnole. En tous cas c’est toujours ça que l’aide sociale à l’enfance ne pourra pas détecter. Totalement sans effet cependant. Si ce n’est de passer pour une alcoolique.

Détourner l’attention en proposant tétine, doudou, gâteaux, calins, deux heures de tchoupi à la télé ? Peut fonctionner en cas de crise mineure. Mais si la machine est lancée, l’enfant n’entend plus et n’a plus aucun sens commun. Si tant est qu’il en ait eu un jour.

Parler calmement, ouvrir ses chacras et lui montrer que tu l’aimes toujours malgré toute l’energie qu’il/elle déploie à se faire haïr ? Nécessite une force intérieure que seules les meilleures d’entre nous possèdent. Et hélas ne marche quasiment jamais non plus.

On m’aura compris, la crise d’un enfant de deux ans, c’est un peu comme le programme “spécial blanc” de ta machine à laver. Une fois enclenché, tu dois attendre les deux heures réglementaires et que l’essorage soit totalement terminé pour ouvrir le hublot.

Là, tu attends que ton rejeton, certes bionique, ne trouve plus assez de jus pour continuer à t’essorer toi.

A ce moment là, en quelques dixièmes de secondes, tu te retrouves avec dans les bras une poupée de chiffon collante et parfois puante (le vomi ou la merde de chien dans laquelle elle avait élu domicile lors de la phase “étoile de mer” de la crise) qui se recroqueville contre toi en marmonnant un truc qui ressemble vaguement à “pardon”.

A moins que ce ne soit: “t’es trop con”.

Ce qui serait d’une grande clairvoyance en l’occurence. On n’a pas idée de pardonner aussi vite, aussi.

Il faut croire que la survie de l’espèce humaine tient à deux choses. L’amnésie des femmes quant aux douleurs de l’enfantement et l’absence totale de rancoeur que les mères éprouvent vis à vis de la cause même de ces douleurs. Et ce, quelque soit les sévices qu’elles endurent.

Et encore, s’il n’y avait que le fait de pardonner. Une fois sur deux tu t’abaisses carrément à t’excuser pour toutes ces choses affreuses que tu as dites (“maman va te laisser là tout seul au milieu de la route et n’en a rien à foutre”) ou pensées (“Non seulement j’en ai rien a foutre mais j’attends avec impatience le 38 tonnes qui va te passer dessus”) pendant la crise. Voire faites (un léger serrage de bras qui laisse hélas deux bleus de chaque côté qui pendant une semaine te plongent dans des affres atroces sur le mode “je suis la femme de Michel Fourniret”). Ce qui, évidemment, ne fait qu’alimenter le sentiment de toute puissance de chouchou. Et prépare donc le terrain pour la prochaine salve…

Non mais à part ça, c’est cool.