Les Belles Endormies (Yasunari KAWABATA)

Mercredi 28 février 2007
Ce roman, très court, une centaine de pages, est paru, au Japon, en feuilleton, en 1960 – 1961. Il a obtenu le prix Mainichi Shuppan Bunka (prix de la Culture de l'édition Mainichi) en 1962.

Les Belles EndormiesRésumé : Dans quel monde entrait le vieil Eguchi lorsqu'il franchit le seuil des Belles Endormies ? Ce roman, publié en 1961, décrit la quête des vieillards en mal de plaisirs. Dans une mystérieuse demeure, ils viennent passer une nuit aux côtés d'adolescentes endormies sous l'effet de puissants narcotiques.
Pour Eguchi, ces nuits passées dans la chambre des voluptés lui permettront de se ressouvenir des femmes de sa jeunesse, et de se plonger dans de longues méditations. Pour atteindre, qui sait ? au seuil de la mort, à la douceur de l'enfance et au pardon de ses fautes. (Source : LE LIVRE DE POCHE)



"La beauté atteinte par les seins de la femme n'était-elle point la gloire la plus resplendissante de l'évolution de l'humanité ?"



Les Belles Endormies est une méditation sur plusieurs thèmes chers à l'auteur, tels que la mort, la solitude, l'amour et l'érotisme.

Dans ce huis-clos touchant, l'auteur dépeint la solitude d'un vieil homme qui conserve la lucidité et le détachement d'un esthète. En de brèves phrases où reviennent sans cesse et jusqu'à l'obsession les mots les plus simples, il distille au fil des pages un érotisme tout en pudeur et en tendresse.

L'érotisme se situe à mi-chemin entre l'amour et le sexe, dans un fragile équilibre entre les sentiments et les sens. La difficulté et la beauté de l'érotisme consistent à rester sur cette frontière, sans glisser ni dans l'amour ni dans le sexe.

Dans ce roman, l'auteur nous fait part de sa propre peur de vieillir, de sa vision de l'amour, de la femme et des relations affectives. Ce livre pose la question du traitement culturel de la vieillesse (ici, masculine), et plus précisément de la vieillesse sexuelle.

Car la « maladie » du héros Eguchi est la vieillesse, qui le fait glisser vers la mort. Et ce mal, Eguchi le refuse en se remémorant ses aventures de jeunesse avant d'inévitablement se retrouver face à la triste vérité et d'éprouver le sentiment, extrêmement dur au demeurant, de ne plus pouvoir être digne de la seule raison de vivre de l'homme, soit la femme. Une douleur immense, mais paisible, se dégage devant la solitude de cet homme qui ne peut plus faire jouir une femme.

Ce livre empli de poésie et de doux érotisme est assez troublant et très émouvant.

   Note : 4/5

1 réflexion sur « Les Belles Endormies (Yasunari KAWABATA) »

  1. Eguchi, vieil homme, s'est fait conseillé une « maison », où il peut dormir avec de jeunes filles. Mais cette maison est particulière, les clients ne voient les filles que lorsqu'elles sont endormies, et elles ne se réveillent pas, en tout cas, pas tant que le client est à ses côtés.

    J'ai eu du mal avec ce livre. Non pas qu'il soit difficile, il est court, moins de 200 pages, mais ce livre est très lent, et c'est très vite devenu soulant. Certes, c'est poétique mais déjà pendant les 50 premières pages Eguchi se demande si la fille avec qui il est va se réveiller, il va la regarder, la trouver belle, et, si il la touche est-ce qu'elle va se réveiller ? Ca tourne en rond. Il repense parfois à son passé, mais on revient vite au point de départ : va-t-elle se réveiller ? Eguchi est préoccupé par sa vieillesse, la présence de jeunes filles à ses côtés attisent ses angoissent. Ca aurait pu être intéressant mais je n'ai vraiment pas accroché.

    Note : 2/5

       van1709

Laisser un commentaire