Le monde inverti (Christopher PRIEST)

Mardi 26 juin 2007
Le monde inverti (Titre original : The Inverted World) de Christopher Priest a reçu le British SF Award en 1975. Ce roman est considéré comme un grand classique de la science-fiction.

Le monde invertiRésumé : "J'avais atteint l'âge de mille kilomètres. De l'autre côté de la porte, les membres de la guilde des Topographes du Futur s'assemblaient pour la cérémonie qui ferait de moi un apprenti. Au-delà de l'impatience et de l'appréhension de l'instant, en quelques minutes allait se jouer ma vie."
Helward Mann est l'un des habitants de la cité Terre, une mégapole progressant sur le sol inconnu d'une planète effrayante. Il ne sait rien de l'extérieur et doit maintenant jurer qu'il ne révélera jamais ce qu'il y découvrira. Mais le long des rails qui mènent à l'optimum, Helward découvrira un monde dominé par le chaos et la barbarie, des paysages déformés par l'hyperbole du soleil.
C'est avec ce roman, où se mêlent sense of wonder et spéculations scientifiques, que Christopher Priest s'imposa en 1974 comme l'un des plus talentueux auteurs de la science-fiction britannique. (Source : Folio)



Dès la première phrase de ce roman : "J'avais atteint l'âge de mille kilomètres", nous sommes plongés dans un univers hors norme, régit par des lois qui ne sont pas les nôtres. Cette première phrase nous captive aussi tant elle nous intrigue.

Alternant entre des chapitres au "je" et des chapitres à la troisième personne, nous découvrons les particularités effrayantes de ce monde situé dans un univers très lointain.

D'un fascinant premier niveau de lecture (une ville sur des rails à la poursuite d¹un point optimum, une société de castes, complexe et intrigante ; un en-dehors stupéfiant ; un soleil parabolique…), Le monde inverti se révèle être bien davantage qu'une aventure de sf-fantasy à spéculation scientifico-mathématique. Ce chef-d'œuvre est un roman de l'influence de la société sur la perception du réel par chacun ; un ouvrage initiatique sur l'appréhension de la hiérarchie ; une réflexion sur le conditionnement intellectuel et culturel par l'éducation.

Extrêmement déroutant, Le monde inverti est un ouvrage incontournable, à conseiller à tout fan de SF.

Note : 4/5

1 réflexion sur « Le monde inverti (Christopher PRIEST) »

  1. "J'avais atteint l'âge de mille kilomètres".

    La première phrase de cette histoire est parmi les plus célèbres de la science fiction.
    Et elle donne bien le ton, car c'est un des romans les plus inventifs que j'aie pu lire.
    Est-ce que l'espace et le temps sont des dimensions équivalentes d'une même réalité ? Est-ce que c'est la courbure de l'espace-temps qui détermine les forces auxquelles les objets sont soumis? Ces questions me rappellent vaguement quelques notions glanées au détour d'une lecture de vulgarisation scientifique. Mais imaginez en quelque sorte que cette courbure de l'espace-temps soit immédiatement sensible.

    C'est sur cette hypothèse d'un univers hyperbolique qu'est construit ce roman, qui nous raconte l'histoire d'une ville et de ses habitants. Mais une ville mobile, montée sur des rails qu'on démonte derrière elle (le passé) et qu'on remonte devant (le futur). Une ville constamment à la poursuite d'un mystérieux "optimum" qui se déplace sans cesse, mais duquel on ne peut pas trop s'éloigner, sinon…

    Priest est un remarquable écrivain, qui s'intéresse à la nature du réel, et à la manière dont nous forgeons notre perception et notre compréhension de ce réel. L'idée de base de ce roman est tellement originale, qu'il est perpétuellement sur le fil, sur le point de s'effondrer dans l'absurde, mais grâce au talent de l'auteur, on continue malgré soi à jouer le jeu, et on a envie d'en savoir plus. La révélation graduelle de la nature du "monde inverti" est un vrai plaisir de lecture, et le dénouement est aussi très surprenant.

    Ma note : 4.5/5
     
       zaphod_0

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