Ravage (René BARJAVEL)

Samedi 14 juillet 2007
Ravage est un roman de science-fiction écrit en 1943 par l'écrivain français René Barjavel. Il est considéré comme un grand classique de la science-fiction.

RavageRésumé : De l'autre côté de la Seine une coulée de quintessence enflammée atteint, dans les sous-sols de la caserne de Chaillot, ancien Trocadéro, le dépôt de munitions et le laboratoire de recherches des poudres. Une formidable explosion entrouvre la colline. Des pans de murs, des colonnes, des rochers, des tonnes de débris montent au-dessus du fleuve, retombent sur la foule agenouillée qui râle son adoration et sa peur, fendent les crânes, arrachent les membres, brisent les os. Un énorme bloc de terre et de ciment aplatit d'un seul coup la moitié des fidèles de la paroisse du Gros-Caillou. En haut de la Tour, un jet de flammes arrache l'ostensoir des mains du prêtre épouvanté. (Source : Folio)
 



Barjavel propose un terrifant récit de ce que pourrait être la fin du monde. Avec une imagination fascinante et captivante, il raconte l'effondrement de la société dans un monde soudain privé d'énergie. Dans cet univers post-apocalyptique où règne la loi du plus fort, les hommes sont alors en proie à leurs instincts les plus primaires.

L'histoire est vraiment cauchemardesque, le propos percutant. Comment renaître après une chute si vertigineuse ? Faut-il recommencer les mêmes erreurs en croyant mieux faire, ou tout rejeter en bloc pour préserver la vie ? Véritable parcours initiatique, le voyage des personnages pour retrouver l'Eden perdu se révélera encore plus terrible que la catastrophe elle-même.

Plus qu'un simple roman de science-fiction, Ravage est une dystopie révélant le pessimisme de l'auteur vis-à-vis du progrès scientifique. Il soulève en même temps les problèmes de notre société et ses dépendances. Il dénonce les travers et les dangers des "progrès" de la société. Sa vision apocalyptique de l'avenir de notre société donne à réfléchir.

Le dénouement laisse sans voix. Un livre puissant et plein d'idées, qui nous interroge sur notre vie quotidienne.

Note : 4/5

2 réflexions sur « Ravage (René BARJAVEL) »

  1. Le monde a connu bien des progrès, ce que l'on vit aujourd'hui est considéré comme ancien, tout fonctionne à l'électricité, Paris a un nouveau visage. Tout semble marcher dans ce monde assailli par le progrès, jusqu'à ce qu'une catastrophe plonge le monde dans le chaos.

    J'ai tout simplement adoré le livre. Une vision du futur qui, je l'espère, ne se vérifiera jamais. C'est très bien décrit, on se fait une idée précise de "comment est le monde ?"

    A des questions que l'on se pose souvent "Où va le monde ?", "N'y a t-il pas trop de progrès ?" Barjavel nous apporte une réponse possible, loin d'être optimiste. Sa vision est captivante, effrayante, j'ai eu du mal à lever les yeux de ce bouquin. Pas aussi bien que la nuit des temps, mais très bien quand même.

    Je le conseille vivement.

    Note: 4.5/5

       van1709

  2. J'avais bien aimé Le voyageur imprudent et j'aime bien les scénarios catastrophes, alors j'espérais beaucoup de ce livre, peut-être un peu trop. La peinture de la société parisienne moderne est très intéressante, ainsi que le chaos entraîné par la disparition de l'électricité et de la métallurgie. Toutefois, la seconde partie du livre, la quête des protagonistes pour atteindre un coin de France épargné par la catastrophe, m'a moins interessée : une suite d'incidents périlleux qui, à chaque fois, coûtent la vie à certains membres du groupe, mais qui épargnent les principaux. On doit aussi pardonner au livre son âge, il faut lire sans trop s'arrêter aux filles toujours nunuches et au (super) héros qui prend tout en main, particulièrement la destinée de la fille qu'il aime. En même temps, il est toujours savoureux de lire des récits d'anticipation qui datent : l'auteur mise juste dans certains cas, mais se goure complètement dans d'autres. Par exemple, les trains de demain possède un système de lecture audio : le voyageur place son livre sous une plaque, et la machine lui en fait la lecture. Très bien deviné monsieur Barjavel, reconnaissance de caractères et vocalisation par l'ordinateur. Non, car le tout est basé sur un système vidéo qui envoie l'image de la page à une centrale, qui la distribue à un lecteur parmi un bassin de lecteurs de toutes les langues, qui va faire la lecture à haute-voix de la page, voix retransmise par radio dans les écouteurs du voyageurs. Alors là, on nage ne pleine science-fiction (si vous me permettez l'expression péjorative) !

    Le livre est un pamphlet qui dénonce le matérialisme de l'époque, mais l'auteur a aussi un commentaire fortement anti-progrès et anti-intellectualisme qui me dérange. Il sombre dans l'excès inverse : l'apologie d'antan, de la nature et des gens frustres. C'est bien trop simpliste et facile de croire que les paysans proches de la terre sont automatiquement heureux, tandis que les citadins sont toujours inconscients, décadents et peu débrouillards.

    3,5/5

    le réaliste-romantique

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