Double assassinat dans la rue Morgue (Edgar Allan POE)

Jeudi 6 septembre 2007
L'oeuvre de cet écrivain américain, traduite par Charles Baudelaire, a été l'objet d'un véritable culte en France. La nouvelle Double assassinat dans la rue Morgue, parue en avril 1841 dans le Graham's Magazine, est l'ancêtre du roman policier moderne. C'est la première apparition du détective inventé par Poe, le Chevalier Dupin qui doit faire face à une histoire de meurtre incompréhensible pour la police.

Double assassinat dans la rue MorgueRésumé : Marie Roget ? Oh ! une jeune fille bien sage ! Comment ? Sauvagement assassinée, dites-vous ? Mais par qui et pourquoi ? Et Mme L'Espanaye et sa fille, la discrétion même ! Jamais une histoire… jusqu'à ce qu'elles soient retrouvées mutilées par un atroce meurtrier. Quelle terrifiante idée ! On a tenté de cacher le pauvre corps de Mlle L'Espanaye dans le conduit d'une cheminée. Comment un être humain peut-il brusquement devenir une bête sanguinaire ? Pour seuls indices : cris, ombres et vêtements tachés de sang. Des meurtres qui vont donner du fil à retordre à M. Dupin et à son compagnon !

Edgar Allan Poe nous entraîne dans des enquêtes à faire pâlir d'horreur. Un conseil, ce soir, n'éteignez pas la lumière… on ne sait jamais. (Source : Librio)



"Avec lui commence l'histoire de la littérature policière. Edgar Allan Poe a non seulement créé le récit policier mais aussi le lecteur de récit, c'est-à-dire méfiant, soupçonneux à l'égard de ce que l'auteur écrit." (Jorge Luis BORGES)

"Poe est plutôt un scientifique qu'un artiste. Il décompose son moi comme un savant décompose un sel dans son creuset. C'est une analyse presque chimique de l'âme et de la conscience." (D.H. LAWRENCE)

Double assassinat de la rue Morgue nous entraîne dans la démonstration du narrateur de ce que sont vraiment pour lui les capacités d'analyse. Il utilise pour cela le thème connu du crime commis dans une pièce fermée, sans issue, sans mobile et sans laisser d'indice. Nous suivons à travers le regard du narrateur le raisonnement qui mènera à la résolution de ces meurtres atroces, commis sur la personne d'une jeune fille et de sa mère, à partir de simples observations sur les lieux apparemment clos.

C. Auguste Dupin, l'ami du narrateur, part d'un événement (le crime) pour remonter à sa cause (qui a tué ?) en une suite de raisonnements, s'appuyant sur des indices matériels et psychologiques. Prodigue de déductions rigoureuses et de froide logique, il progresse pas à pas jusqu'à la solution. Pour lui, l'enquête policière n'est qu'un jeu cérébral d'observation et de déduction.

Avec son héros, Edgar Allan Poe propose la première incarnation du détective qui inspirera sans doute Sherlock Holmes ou Hercule Poirot, par son intuition et par l'extrême logique de son raisonnement apparemment tortueux.

Dans cette nouvelle, précuseur du genre policier, l'auteur construit son récit avec une rigueur mathématique. Il porte au plus haut point de sophistication l'art de la déduction. Le récit est bref et extrêmement dense.

Note : 4/5

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