La Main gauche de la nuit (Ursula LE GUIN)

Vendredi 11 janvier 2008
Ce roman a obtenu le prix Hugo et a consacré Ursula Le Guin comme un des plus grands talents de la science-fiction.

La Main gauche de la nuitTitre original : The left hand of darkness

Résumé : Sur Gethen, la planète glacée que les premiers hommes ont baptisée Hiver, il n’y a ni hommes ni femmes, seulement des êtres humains.
Des androgynes qui, dans certaines circonstances, adoptent les caractères de l’un ou l’autre sexe.
Les sociétés nombreuses qui se partagent Gethen portent toutes la marque de cette indifférenciation sexuelle.
L’Envoyé venu de la Terre, qui passe pour un monstre aux yeux des Géthéniens, parviendra-t-il à leur faire entendre le message de l’Ekumen ? (Source : Le Livre de Poche)


Ce roman de science-fiction nous raconte la relation d’amitié entre deux êtres que tout semble opposer sur une planète inhospitalière. Le monde créé par Le Guin est d’une crédibilité et d’une solidité sans faille.Quasiment dénué d’action, lent et souvent très descriptif, ce roman pourrait paraître rébarbatif, mais la sensibilité et la poésie qui se dégagent de cette oeuvre lui confèrent un souffle rarement atteint en SF.

Cette oeuvre nous oblige à poser un regard différent sur la sexualité et l’identité stéréotypée qui s’y rattache. Ursula Le Guin étudie l’impact supposé que le dimorphisme sexuel peut avoir sur la société, en générant des comportements agressifs de prédation et d’acquisition.

Véritable étude sociologique et politique, elle dénonce les abus du pouvoir et les dangers qui menacent toute société en crise, faisant une référence claire au nazisme (utilisation de la peur, retour à des valeurs primitives, xénophobie…). Elle en profite pour égratigner au passage quelques travers humains avec un humour sarcastique bienvenu.

Humanisme et tolérance, voici le message essentiel sur lequel repose le roman d’Ursula Le Guin. Tout ceci pourrait paraître un peu simpliste, voire franchement naïf, mais à force de détails et finesse d’analyse psychologique, l’essence du propos émerge progressivement et subtilement, sans avoir le sentiment de suivre un cours magistral. Les sujets abordés sont denses et remarquablement approfondis.

La Main gauche de la nuit est considéré comme un grand classique de la science-fiction. Il a remporté le Prix Nebula du meilleur roman en 1969 et le Prix Hugo du meilleur roman en 1970.

Pour conclure, on pourra méditer sur l’une de ces petites pensées philosophiques, qui parsèment ce récit :
“Vous n’avez pas encore compris, Genry, pourquoi nous avons porté à sa perfection l’art de la divination et pourquoi nous le pratiquons.
– Non.
– Pour démontrer la parfaite inutilité de connaître la réponse à la mauvaise question.”

Note : 3,5/5

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