L’heure blafarde (William IRISH)

Jeudi 2 octobre 2008
William Irish, écrivain américain, est le pseudonyme de Cornell Woolrich. De nombreux metteurs en scène ont porté à l’écran les œuvres de ce maître du suspense, notamment Alfred Hitchcock pour Fenêtre sur cour, d’après une nouvelle, et François Truffaut pour La sirène du Mississippi et La mariée était en noir.

L'heure blafardeTitre original : Deadline at Dawn

Résumé : Une chance sur mille d’en réchapper. Quatre heures pour se libérer. ELLE n’a pas le courage de partir sans lui. LUI ne peut quitter New York tant qu’il n’a pas retrouvé l’auteur d’un crime dont toutes les circonstances concourent à le charger. Les jeux semblent faits. La nécessité absolue de gagner l’aube de vitesse, s’ils veulent continuer à vivre, lance les deux jeunes gens dans une série d’aventures à vous glacer le sang…

Né en 1903, William Irish décide en 1932 de se lancer dans la nouvelle “noire” et les fameux magazines pulps lui prennent sa production. Il écrit, à partir de 1940, des romans où la violence, au lieu d’éclater au grand jour, reste intérieure, latente, dans un monde aux frontières du fantastique et du cauchemar. Malade, alcoolique, confiné dans sa chambre, la gangrène aura raison de lui en 1968. (Source : Folio)



Ce qui frappe d’abord dans L’heure blafarde, c’est la rigueur métronomique de la construction dramatique du roman : unité de temps (l’action se déploie pendant une seule nuit et les personnages ne cessent de courir contre la montre), scission géométrique d’une intrigue qui suit parallèlement les trajets de la jeune femme et de l’homme, sécheresse du récit qui ne s’embarrasse d’aucun détail superflu.

L’auteur décrit une virée cauchemardesque et haletante. Il réussit à créer une véritable atmosphère de roman noir. Plein de suspense, le rythme ne s’essouffle pas, on est tenu en haleine jusqu’au dernier chapitre.

L’heure blafarde est aussi un bel instantané qui révèle l’envers du “rêve américain” : la ville a avalé ces deux jeunes gens et leurs illusions. Irish rend très bien ce climat oppressant, cette sensation que New York est un monstre tentaculaire qui broie les individus.

Un excellent polar.

Note : 5/5 {#Coeur}

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