Chinoises (XINRAN)

Lundi 6 octobre 2008
Entre 1989 et 1997, dans une Chine rongée par la censure et les tabous, Xinran a animé chaque soir Mots sur la brise nocturne, une émission de radio consacrée à la femme. Elle émigre à Londres en 1997 et décide de réunir les témoignages les plus révélateurs dans un ouvrage Chinoises, qui sera publié en Angleterre en 2002.

ChinoisesTitre original : The Good Women of China

Résumé : Un dicton chinois prétend que “dans chaque famille il y a un livre qu’il vaut mieux ne pas lire à haute voix”.
Une femme a rompu le silence. Durant huit années, de 1989 à 1997, Xinran a présenté chaque nuit à la radio chinoise une émission au cours de laquelle elle invitait les femmes à parler d’elles-mêmes, sans tabou. Elle a rencontré des centaines d’entre elles. Avec compassion elle les a écoutées se raconter et lui confier leurs secrets enfouis au plus profond d’elles-mêmes.
Epouses de hauts dirigeants du Parti ou paysannes du fin fond de la Chine, elles disent leurs souffrances incroyables : mariages forcés, viols, familles décimées, pauvreté ou folie… Mais elles parlent aussi d’amour. Elles disent aussi comment, en dépit des épreuves, en dépit du chaos politique, elles chérissent et nourrissent ce qui leur reste.

Un livre bouleversant, “décapant, à lire de toute urgence pour voir l’importance du trajet que la femme chinoise a dû et doit encore accomplir” (Diane de Margerie, Le Figaro littéraire). (Source: Picquier)



Xinran nous livre une enquête magnifique où chaque mot témoigné révèle compassion, délicatesse et patience. Toute son action est un formidable combat pour la femme, sa liberté, sans tomber dans le travers féministe. 

On suit la journaliste pas à pas dans des rencontres douloureuses où les mots et les secrets se livrent difficilement. Elle nous raconte le drame de destinées féminines durant ces dernières décennies en Chine. Quel que soit leur milieu social, le constat est le même : les relations amoureuses en Chine sont prises dans un carcan de codes et d’arrangements qui, pour ce qui concerne les femmes surtout mais aussi les hommes, mettent entre parenthèses toute idée d’amour, de choix et d’épanouissement.

Ce roman est un souffle vers demain, un plaidoyer universel pour l’ouverture, la liberté d’expression, la liberté sexuelle, la liberté respectée des uns et des autres, enfin une véritable enquête sur la femme, et par voie de conséquence sur l’homme.

Il faut avouer qu’on est saisi de perplexité et que l’énormité du chemin à faire laisse songeur. Un roman révoltant et bouleversant sur la condition de vie de la femme chinoise. A lire.

Note : 5/5 {#Bien}{#Coeur}

1 réflexion sur « Chinoises (XINRAN) »

  1. Xinran était donc journaliste à la radio chinoise et a dans les années 80-90 interviewé beaucoup de femmes chinoises aux destins très différents et assez bouleversants. Il faut savoir que Xinran n’a pu écrire et publier son livre que lorsqu’elle est partie vivre à Londres en 1997. Ce qui lui a permis comme le dit Loutarwen de “décharger son coeur” en effet. Un tel témoignage sur la vie des femmes chinoises n’aurait jamais pu être publié là bas avec la censure !

    Ces récits sont assez difficiles, il s’agit surtout (mais pas seulement) de la façon dont on été traitées les femmes en Chine lors de la révolution culturelle.

    Un énorme tremblement de terre avait déjà eu lieu là bas en 1976 : il a fait 300000 morts : certaines chinoises de Xinran sont mortes de manière terrible lors de ce tremblement de terre ; lorsque je vois toutes ces victimes actuellement , je ne peux m’empêcher de repenser à ces chinoises de Xinran.

    Le texte est simple sans prétention, je vous conseille vivement cette lecture.
    Il nous rappelle notre statut de femmes privilégiées (bien qu’en occident, il se passe aussi parfois des choses graves pour les femmes !)

    Je pense rapidement lire son second livre : funérailles célestes… puis son troisième livre…

    Ma note : 4/5

       supermartine

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