Avec le même amour que tu me fus jadis

Émile VERHAEREN (1855-1916)
Les heures du soir

Avec le même amour que tu me fus jadis
Un jardin de splendeur dont les mouvants taillis
Ombraient les longs gazons et les roses dociles,
Tu m’es en ces temps noirs un calme et sûr asile.

Tout s’y concentre, et ta ferveur et ta clarté
Et tes gestes groupant les fleurs de ta bonté,
Mais tout y est serré dans une paix profonde
Contre les vents aigus trouant l’hiver du monde.

Mon bonheur s’y réchauffe en tes bras repliés
Tes jolis mots naïfs et familiers,
Chantent toujours, aussi charmants à mon oreille
Qu’aux temps des lilas blancs et des rouges groseilles.

Ta bonne humeur allègre et claire, oh ! je la sens
Triompher jour à jour de la douleur des ans,
Et tu souris toi-même aux fils d’argent qui glissent
Leur onduleux réseau parmi tes cheveux lisses.

Quant ta tête s’incline à mon baiser profond,
Que m’importe que des rides marquent ton front
Et que tes mains se sillonnent de veines dures
Alors que je les tiens entre mes deux mains sûres !

Tu ne te plains jamais et tu crois fermement
Que rien de vrai ne meurt quand on s’aime dûment,
Et que le feu vivant dont se nourrit notre âme
Consume jusqu’au deuil pour en grandir sa flamme.

1 réflexion sur « Avec le même amour que tu me fus jadis »

  1. Céline Dion Retiens-moi

    Si tu me vois tourner la tête
    Regarder trop par la fenêtre
    Oh, retiens-moi

    Si tu me surprends l\’âme grise
    A préparer qu\’une seule valise
    Oh, retiens-moi

    Retiens-moi
    Retiens mes pas
    Fais marcher ta sirène d\’amour
    Ouvre tes filets de velours
    Retiens-moi, love-moi
    Au creux de tes promesses encore
    Tout près contre ton corps

    Si tu vois dans mes yeux des armes
    Tirer sur le signal des larmes
    Oh, retiens-moi

    Si je me fais trop dure et trop fière
    Si je prends l\’été pour l\’hiver
    Oh, retiens-moi

    Retiens-moi
    Empêche-moi
    De préférer la nuit au jour
    De dire \”je t\’aime\” sans \”toujours\”
    Retiens-moi
    Emporte-moi
    Même sans appel au secours
    Retiens-moi, c\’est ton tour

    Oh, quand tout sera fragile
    Quand j\’aurai l\’air d\’une proie facile
    S\’il te plaît, retiens-moi

    Donne-moi
    La paix de tes errances
    La chaleur de ta chance et l\’oubli
    Dans le creux de tes reins

    Donne-moi
    Ce que j\’ai perdu un jour
    Dans ces routes et ces détours
    A chercher le chemin
    De tes mains

    De tes mains
    Retiens-moi.

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