Pour toi, la presque fin de 1ère guerre mondiale :-)

Je m’y retrouve et partage avec des mises à jour pour contexte…

Autant le dire dès maintenant, cet article risque de casser l’image de la petite famille tranquille, de la jolie fratrie presque parfaite. Cet article je le réfléchis depuis longtemps. Parce qu’il est difficile à écrire, que les mots justes sont difficiles à trouver, et que si il doit exister il faut absolument qu’il soit vrai, et complet.

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Je m’y retrouve et partage en mise à jour pour contexte…
Autant le dire dès maintenant, cet article risque de casser l’image de la petite famille tranquille, de la jolie fratrie presque parfaite. Cet article je le réfléchis depuis longtemps. Parce qu’il est difficile à écrire, que les mots justes sont difficiles à trouver, et que si il doit exister il faut absolument qu’il soit vrai, et complet.
Maxi, je t’en ai déjà parlé plusieurs fois par ici. C’est donc l’aînée de la fratrie, notre « grande » de 5 ans tout juste.
Cette enfant, c’est une petite fille qui a de l’énergie à revendre, qui aime jouer, courir, chanter, lire, dessiner, découvrir de nouvelles choses et raconter ses journées d’école. C’est une enfant un peu pot de glu, avide de jalousies. Une enfant pleine de cœur et de tendresse, très sensible, qui pleure lorsqu’elle ressent de la douleur ou de la tristesse chez les autres.
Maxi, c’est une enfant entière en fait, une véritable tornade qui ne se pose jamais, aux émotions intenses et aux réactions très vives. Une enfant un peu démesurée en fait, un peu extrême dans ses comportements.
Enfin, c’est comme ça que je la perçois en tout cas.
Pour dire vrai, Maxi, c’est surtout une enfant qui me fait me poser énormément de questions, qui me fait même souvent douter.
Une enfant qui me fait régulièrement culpabiliser.
Une enfant qui me fait peur même, parfois. Peur de moi. Peur de ma façon d’être maman.
Une enfant que je ne comprends pas. Et que son père ne comprend pas non plus, je crois.
Maxi c’est un peu pour moi l’incarnation de la dure réalité de la parentalité.
Celle qui te fait prendre conscience que non, être parent, ça n’est pas toujours simple. C’est même souvent compliqué. Et que ça n’est forcément toujours magnifique non plus.
Avec Maxi, pour moi, être Maman, c’est souvent difficile. Dur même en fait.
Maxi, c’est l’enfant ultra-désiré, celui que l’on met du temps à avoir, et qui arrive un peu comme un miracle.
C’est aussi le premier enfant, celui par qui tout commence, celui avec lequel on fait ses armes de parent, celui avec lequel on découvre ces émotions si particulières et tellement fortes liées à la parentalité.
C’est aussi la seule de la fratrie a avoir été un temps, même court, fille unique.
Maxi, j’ai été seule avec elle à la maison 24h/24 pendant ses 11 premiers mois de vie. Puis j’ai repris le travail, et son Papa est parti souvent pour son travail.
Raisonnablement, on peut considérer que cette enfant a été en fusion quasi exclusive avec sa Maman pendant ses 18 premiers mois. Rien que toutes les deux. Je me souviens de ces moments partagés avec émotion. Du cododo quand papa est absent. Des milliers de photos. Des longs moments au bain où je riais parce qu’elle mettait de l’eau partout. De l‘émerveillement à chaque tout petit progrès. Des étoiles dans les yeux et des papillons dans le ventre chaque fois que son visage traversait mes pensées.
De ces instants privilégiés, uniques, intenses, si particulièrement intenses, que l’on ne vit de cette façon qu’avec le premier.
Regarder ce petit bout de bébé grandir, évoluer, avancer. Se sentir épanouie et comblée, vibrer devant ce petit être, être cette maman ultra protectrice, fusionnelle même, que jamais je n’aurai soupçonnée.
Et puis on a déménagé. Retrouvé une vie de famille normale, le Papa a repris sa place. On était bien là tous les 3. On préparait l’arrivée de Mini qui entre temps s’était invité dans mon bidon.
Elle a continué à grandir la Maxi. Petit à petit, elle a gagné un nouveau surnom : Terrible Two. Ca lui allait à ravir.
Du Terrible Two à la mode Maxi, pas dans la demi-mesure du tout. Du genre qui a commencé à 21 mois et n’a peut être bien jamais pris fin. J’en sais rien en fait. Je sais même plus si c’était du Terrible Two ou « juste » son caractère qui commençait à s’affirmer.
Je me rappelle qu’à l’époque j’en riais, beaucoup, de cette mini crise d’ado. Même si j’ai eu aussi mes moments de colère, de dépassement voire de dépit, je te rassure. Mais je gérais plutôt bien malgré tout, je trouvais ça mignon, voir devenir mon petit bébé un être affirmé, qui grandit, qui prend sa propre personnalité. Je me souviens même que je disais que je préférais qu’elle ait du caractère, qu’il en faudrait pour l’école et pour la vie d’adulte ensuite.
Et puis, je ne sais plus.
Le trou noir.
L’oubli.
Je ne saurai plus dire comment les choses ont changé. Ni quand. Toujours est-il qu’aujourd’hui, tout est tellement différent.
Cette enfant devant laquelle je m’émerveillais, cette enfant de qui je me sentais si proche, cette relation si intense, si belle, n’est presque plus aujourd’hui que conflit.
Mon enfant, je ne la reconnais plus.
Mon enfant, souvent, elle m’énerve, je peine à la supporter.
Mon enfant, j’ai désormais du mal à vivre avec elle des moments de complicité.
Mon enfant, elle parle tellement fort que je peine finalement à l’écouter.
Elle cherche sans cesse les limites, prends du plaisir à les dépasser. Elle provoque, nous regarde avec un sourire défiant lorsqu’on lui demande de s’arrêter.
Elle contredit sans cesse, dit non quand on dit oui, oui quand on dit non.
Elle part dans tous les sens, touche à tout, donne des ordres.
Elle martyrise sa soeur, le frappe, l’invite fourbement à faire ce qui est interdit pour mieux venir nous vendre l’info ensuite.
Elle chante quand on lui demande le silence. Se tait quand on lui pose une question.
Elle casse, jette ses jouets, puis pleure parce qu’elle ne les a plus. Elle se punit toute seule, s’isole dans une pièce d’elle-même, puis hurle parce qu’elle est seule.
Elle répète en boucle des trucs qui ne veulent rien dire, attend gentiment que je finisse par perdre mes moyens à force de l’entendre. Me regarde m’agacer, se marre.
Puis pleure.
Elle a ce regard provocateur, ce sourire moqueur qui sait nous désarmer et nous mettre hors de nous.
Elle est dans la défiance, tout le temps. Elle me fatigue, m’agace. Elle cherche l’attention, je sais. Bien sûr que je sais. Et pourtant. Plus elle cherche, plus elle m’énerve, plus je me ferme. Et plus elle cherche.
Et on crie. On punit. On ignore parfois. On essaye d’en jouer, d’en rire. De discuter. D’expliquer. De comprendre. De poser des questions. De passer du temps avec elle.
Et l’on s’interroge. Je m’interroge.
Je culpabilise de cette impression de ne plus voir mon enfant que de manière négative. D’avoir loupé un truc, ou plusieurs. D’avoir forcément fait, ou peut être de n’avoir pas fait, un truc essentiel à l’origine de tout ça. Mais lequel… Lesquels ?
Me dire que nous sommes forcément fautifs, il y a forcément quelque chose qui rend cette relation si dure, si conflictuelle.
Me dire que peut être tout ça est du à l’arrivée de Mini.
Me dire parceque peut être nous ne savons pas nous y prendre. Trop strictes, ou pas assez ? Attachés à des principes bidons, qui donnent trop d’importance à certaines choses, pas assez à d’autres ? Qui ne se mettent pas suffisamment dans sa tête, à sa hauteur ? Ou qui peut-être s’y mettent trop ?
Me dire que peut être ça n’est rien du tout ? Juste un passage normal dans une vie de parent ?
Me dire que peut être ça n’est « que » son caractère ? Juste ça ? Et avoir peur d’être cette mère indigne qui ne supporte pas le caractère, la personnalité de son propre enfant…
M’apercevoir qu’à force d’être dans le conflit, la relation se brise encore et encore, qu’avec le temps qui passe, je m’éloigne moi-même d’elle. Que je ne suis plus très réceptive à ses sollicitations. Culpabiliser, encore. S’interroger, toujours.
Se sentir profondément triste. De voir cette relation avec son propre enfant à ce point dégradée. Si éloignée de ce dont on avait rêvé.
Et si au fond, c’était ça ? Une relation trop idéalisée, et finalement rattrapée par la réalité, loin du rêve, de l’idéal, juste le vrai, le quotidien, la vie de parent.
La vie de parent jalonnée de questionnements, de doutes, de peurs, de chutes aussi. Et de bons moments aussi, d’instants magiques, de moments d’émotion.
Mon enfant, elle me touche, tellement. Je la trouve si mignonne, quand elle est assise à discuter avec ses doudous. Quand elle me raconte ses histoires de copines en rentrant de l’école. Quand elle m’offre de ses vraies ouevres d’art dde dessins. Quand elle m’aide à bien mettre la table.
Quand je découvre son cahier d’école, ses progrès, et que je ressens cette fierté qui donne des frissons.
Quand elle nous inonde de ses « je t’aime très fort ma Maman / mon Papa ».
Parfois, malgré tout, on capte d’excellents moments. Précieux. Beaux. On rigole, on joue, on partage, on lit une histoire. On retrouve chacune cette lueur, ce regard complice qui se fait si rare.
Bien sûr, je suis emplie d’amour pour ma fille. C’est mon enfant, mon grand bébé, ma grande fille. Je tremble quand je la vois pleurer partir avec le centre aéré. Je m’inquiete quand elle s’est fait agressée par les copains.Je suis fière de la voir si bien grandir. Je trouve que c’est la plus jolie de toutes les petites filles du monde entier. Je fonds devant son sourire. Bien sûr, que l’on s’aime, toutes les deux, très fort, tellement que l’on se prend la tête tout le temps.
Parce que je dois bien l’avouer, elle me ressemble tant. Ce caractère, cette défiance, ces provocations, cette façon insidieuse d’essayer d’attirer l’attention, ce besoin d’amour et de reconnaissance qui se bat sans cesse avec une immense volonté d’indépendance. C’est tellement… Connu, pour moi, tout ça.
Après tout ça, je ne sais plus si je ne la comprends pas, ma Fille, ou si je la comprends trop.
– Elle me perturbe, ma Fille. Pleine d’amour, hyper sensible. Si tendre, si douce. Et si dure à la fois

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