Jeudi 9 août 2007
On ne badine pas avec l'amour est une pièce de théâtre d'Alfred de Musset, publiée en 1834 dans La Revue des Deux Mondes, mais représentée après la mort de son auteur le 18 novembre 1861 à la Comédie-Française. Il s'agit d'un drame romantique qui mêle le comique au tragique.

Résumé : Perdican, fils du baron et jeune bachelier revient chez son père en compagnie de son précepteur, maître Blazius. Sa cousine Camille, fraîchement sortie du couvent, rentre également au château accompagnée de dame Pluche, sa gouvernante. Le baron rêve d'unir Camille et Perdican et il confie ce dessein à maître Blazius et à Bridaine, le curé du village. Mais les retrouvailles entre le cousin et la cousine sont glaciales. Camille reste insensible lorsque son cousin évoque leurs souvenirs d'enfance. Aux propos nostalgiques de Perdican, Camille oppose des répliques sèches et laconiques…
 



On ne badine pas avec l'amour est ne tragédie romantique. Mais la noirceur du drame est atténuée à de nombreuses reprises par la fantaisie des personnages grotesques (Maître Bridaine, Maître Blazius et Dame Pluche). Musset prend soin, en effet, de varier la tonalité de la pièce par une alternance habile de moments pathétiques et comiques. Il mêle avec brio la comédie au drame.

Tandis que les personnages principaux rendent la pièce tragique pour nous émouvoir, les personnages secondaires rendent la pièce plus légère pour nous faire rire : ce sont des personnages tres caricaturaux comparés aux autres et qui mettent du coup un peu de gaieté dans l'histoire. Le ton oscille entre le sublime et le grotesque.

La lecture de cette pièce est très facile et très rapide avec un suspense qui dure jusqu'au bout. Alfred de Musset décrit parfaitement la variété et la complexité des sentiments qui accompagnent la passion amoureuse et il montre ce qu'il en coûte de jouer avec la vérité des sentiments.

Un extrait pour vous mettre en appétit et qui est une saisissante définition de l'homme, de la femme et de leurs relations :

Peerdican : Adieu Camille, retourne à ton couvent et lorsqu'on te fera de ces récits hideux qui t'ont empoisonnés, réponds ce que je vais te dire: Tous les hommes sont menteurs, inconstants, faux, bavards, hypocrites, orgueilleux et lâches, méprisables et sensuels ; toutes les femmes sont perfides, artificieuses, vaniteuses, curieuses et dépravées ; le monde n'est qu'un égout sans fond où les phoques les plus informes rampent et se tordent sur des montagnes de fanges ; mais il y a au monde une chose sainte et sublime, c'est l'union de deux de ces êtres si imparfaits et si affreux. On est souvent trompé en amour, souvent blessé et souvent malheureux ; mais on aime, et quand on est sur le bord de sa tombe, on se retourne pour regarder en arrière ; et on se dit : "j'ai souffert souvent, je me suis trompé quelquefois, mais j'ai aimé. C'est moi qui ai vécu, et non pas un être factice créé par mon orgueil et mon ennui".

Une bonne pièce de théatre.

   Note : 3,5/5

Mardi 24 octobre 2006
Comédie en deux actes et en prose

FantasioRésumé : Fantasio, “bourgeois de Munich” vaguement bohème, est menacé de la prison pour dettes. Dans le même temps la princesse Elsbeth, fille du roi de Bavière, est fiancée au prince de Mantoue, un imbécile couronné. Pour échapper à ses créanciers et aussi par désœuvrement, Fantasio, sur un coup de tête, décide de prendre la place du bouffon du roi qui vient de mourir.


Plutôt qu’une comédie, Fantasio est une féerie, irréelle de légèreté et d’élégance, où se conjuguent les influences d’Hoffmann et de Shakespeare, de Marivaux et des Mille et Une Nuits. C’est en même temps une réflexion exemplaire sur le théâtre, qui renvoie dos à dos la tragédie classique, inadaptée aux temps bourgeois, et le drame romantique, déclamatoire et boursouflé, pour suggérer une troisième voie, celle d’un théâtre magique, ironique et tendre, à la croisée de la comédie de caractères et du conte merveilleux.