Mardi 29 novembre 2005
Drame classique du dramaturge allemand Bertolt Brecht (1898-1956) écrit en 1938.

Résumé : Pendant la Guerre de Trente Ans, la cantinière Anna Fierling, dite Mère Courage, accompagnée de ses deux fils, Eilif et Schweizerkas (Petit-Suisse), et de sa fille muette, Catherine, tire sa carriole sur les routes d’Europe. La pièce commence au printemps 1624, alors que la Suède recrute pour la guerre contre la Pologne.

De champ de bataille en champ de bataille, de Pologne en Bavière, toujours prête à réaliser une bonne affaire, Mère Courage s’est installée dans la guerre et fait du commerce pour être une bonne mère, mais elle ne peut être une bonne mère en faisant du commerce. Mère Courage court les champs de bataille pour y acheter et vendre tout ce qu’elle peut trouver, munitions, croquenots, poulets…. Pour gagner quelques sous, elle est prête à tout sacrifier…


Mère Courage et ses enfants constitue sans conteste un des piliers du répertoire de Brecht. Alors que l’Europe se précipite dans le bourbier de la Seconde Guerre mondiale, l’auteur allemand va écrire une œuvre pamphlétaire, visant à dénoncer l’absurdité d’une guerre, dite de religion, mais aux tenants fortement politiques.

La pièce se déroule en 12 tableaux dont la carriole de mère Courage est le lieu de l’action. Résumant la condition humaine et l’implacable mécanisme des conflits armés, c’est une fresque qui relève du style baroque avec ces scènes où se mêlent l’injure et le ricanement, la sagesse populaire, le blasphème et la poésie.

Mère Courage et ses enfants est une pièce contre la guerre et son absurdité qui ruine et déshonore l’espèce humaine ! C’est une condamnation sans appel. Un implacable et magnifique réquisitoire. En situant l’action de la pièce au XVIIème siècle, Brecht donne à son message une valeur universelle.

Brecht n’implique pas le spectateur dans l’action, mais fait de lui un observateur avec la volonté d’éveiller sa conscience, son activité intellectuelle.

Une excellente pièce portée par une excellente comédienne !