Vendredi 28 juillet 2006
Écrit spécialement par Sofia Coppola pour Bill Murray sans qu’elle le connaisse, Lost in Translation est le deuxième film de la jeune cinéaste après “Virgin suicides” (2000). L’envie de faire un film au Japon est venue après plusieurs voyages de Sofia Coppola dans ce pays. “L’idée a mûri en passant du temps à Tokyo, notamment au Park Hyatt : j’aime bien le fait que, dans les hôtels, ont finisse toujours par croiser les mêmes personnes, une sorte de complicité se crée, même si on ne les connaît pas, et même si on ne leur parle pas. Le fait d’être étranger au Japon rend les choses encore plus décalées. On souffre du décalage horaire, et on fait le bilan de sa vie au milieu de la nuit.”

Lost in translationRésumé : Bob Harris, star de cinéma sur le déclin, est venu à Tokyo pour tourner dans une publicité pour un whisky. Détaché de tout, incapable de dormir à cause du décalage horaire, il rencontre Charlotte, une jeune Américaine fraîchement diplômée, qui accompagne son mari, photographe de mode. Ce dernier semble s’intéresser davantage à son travail qu’à sa femme. Se sentant délaissée, Charlotte cherche un peu d’attention. Elle va en trouver auprès de Bob…


Lost in Translation joue sur la rencontre inattendue et éphémère de deux êtres, pris au piège d’un environnement urbain froid et impersonnel où l’absence de repères familiers se fait cruelle, poussant vers un rapprochement affectif « de survie ». Le jeu de Bill Muray en Droopy sentimental est remarquable de justesse.
La grande réussite de Sofia Coppola est de rendre palpable grâce à sa mise en scène l’état de déboussolement dans lequel se trouvent les deux protagonistes. Elle crée un univers fragile dans lequel évoluent nos deux zombies, écrasés de fatigue par le décalage horaire et les insomnies. Nous dérivons comme eux dans ce Tokyo étrange, technoïde, bruyant et parfois terrifiant. Le temps est dilaté. Ce film possède un rythme extrêmement lent qui peut surprendre, voire en rebuter plus d’un. La bande son est époustouflante et crée une atmosphère incroyable à ce film.
Lost in translation est une œuvre poétique, lumineuse et aérienne.

Et la question qui demeure et qui fait toute la beauté du film est : “Que dit Bill Muray à l’oreille de Scarlett Johansson dans cette dernière scène très émouvante ?”