Mardi 5 janvier 2010
La reine des pommes a obtenu le Grand Prix de littérature policière en 1958. Chester Himes y décrit un univers impitoyable et loufoque à travers le regard d’un amoureux crédule qui parvient à esquiver les pires dangers et à triompher avec humour dans un monde où règnent escroqueries et faux-semblants.

La reine des pommesTitre original : A rage in Harlem = For love of Imabelle = The five-cornered square

Quatrième de couverture : Il est nature, bête à gober les mouches, à manger du foin et à coucher dehors avec un billet de logement…
On dit de lui : “Çui-là, il en tient une de couche !” “Çui-là, il fait son poids !” “L’est bouché à l’émeri, ma parole” et “Y a pas, c’est la reine des pommes !”.
Mais la chance, comme on sait, sourit aux coeurs simples.



Ce roman policier de Chester Himes est devenu un classique du polar américain.

L’auteur y met en scène le quartier mythique de Harlem et surtout une galerie de personnages loufoques et truculents. Le premier d’entre eux, Jackson, alias la reine des pommes, se fait spolier de ses économies par une arnaque qu’il semble être le seul à ignorer. Puis vient son frère jumeau, Chuck, alias Goldy, gagnant sa vie en faisant la quête sous les traits de Soeur Gabrielle. Le couple d’inspecteur black, John Fossoyeur et Ed Cercueil, aussi dangereux que les criminels qu’ils traquent.
L’intrigue est aussi compliquée que les personnages sont intelligents. Ce sont bien les personnages et les situations improbables dans lesquelles ils se mettent qui donnent tout le charme à cette histoire. Car aucun des personnages ne trouve grâce aux yeux de l’auteur, ce qui rend le récit drôle et absurde tout en restant noir, dans l’histoire et dans les personnages, le tout servi par des dialogues de haute volée.

Au final, ce roman est une farce féroce, qui nous emmène dans les travers d’une communauté fermée qu’on a juste effleurée dans les séries policières américaines.

La reine des pommes a été repris en bande dessinée par Wolinski au début de sa carrière. Ce roman a été également porté à l’écran en 1991 par Bill Duke sous le titre Rage in Harlem et avec Forest Whitaker dans le rôle de Jackson.