La fureur du dragon

Jeudi 16 mars 2006
Lassé par ses deux premières expériences cinématographiques avec le vétéran Lo Wei (qui s'accapare tout le succès de "The Big Boss" et "Fist Of Fury"), Bruce Lee décide de voler de ses propres ailes et demande à Raymond Chow, d'abord hésitant, de réaliser lui-même ce qui sera son troisième film, "The Way Of The Dragon" (Meng long guojiang) (il est aussi scénariste et co-producteur avec sa société Concord).

La fureur du dragonRésumé : Tang Lung, adepte du kung-fu, décide de venir en aide à son amie Chen Ching Hua dont le restaurant est convoité par la pègre. A peine arrivé à Rome, sa vigilance est mise à rude épreuve par des gangs de voyous envoyés pour perturber la bonne marche de l'établissement. De plus, il devra affronter deux champions de karaté…


Le scénario est simpliste et axé uniquement autour du personnage de Bruce Lee. Le film, tant dans les vêtements que dans l'humour et les réactions des personnages, présente tous les ingrédients pour faire un excellent nanar. Mais, La fureur du Dragon doit son succès au fait que les combats réglé par Bruce Lee se passent en zone urbaine, avec des armes blanches. Le petit chinois de Chine populaire va alors sortir l'arme absolue, la star des armes blanches, le "NunChaku". Cette arme qui fascine, Bruce Lee va s'en servir avec efficacité contre un douzaine d'adversaires et règlera le problème avec un Nunchaku dans chaque main.
Et le combat final entre Bruce Lee et le champion du monde de full-contact Chuck Norris qui se déroule dans l'enceinte du grand Colisée de Rome constitue le sommet du film. On assiste alors à un combat entre deux vrais gladiateurs des temps modernes qui reste encore aujourd'hui dans les annales du cinéma d'arts martiaux.
Autres touches notables dans cette scène de combat ultra classique et qui lui donne un caractère si mémorable et inusité : le petit jeu du chat avec la souris, Bruce arrachant des poils de la toison de Norris puis les soufflant hors de sa main, l'échange final silencieux mais éloquent entre les gladiateurs ("arrête toi pendant qu'il est encore temps" "jamais") et finalement le vainqueur payant ces respects à son adversaire vaincu, moment très rare dans le cinéma martial de Hong-Kong ou habituellement l'adversaire du héros est une bête à abattre. Jamais le respect de l'adversaire n'a été aussi marqué. La victoire n'aura rien de libératrice, exprimant même une certaine amertume.
Les films de Kung-fu ne seront plus jamais les mêmes après Bruce Lee.