Jeudi 16 juillet 2009
Salammbô est un roman historique de Gustave Flaubert, paru en 1862 chez Michel Lévy. Il prend pour sujet la Guerre des Mercenaires, IIIe siècle av. J.-C., qui opposa la ville de Carthage avec les Mercenaires barbares qu’elle avait employés pendant la première Guerre punique, et qui se révoltèrent, furieux de ne pas avoir reçu la solde convenue. Flaubert chercha à respecter l’Histoire connue, mais profita du peu d’informations disponibles pour décrire un Orient à l’exotisme sensuel et violent.

SalammbôRésumé : Salammbô est un poème érotico-épique où l’on voit la vierge de la déesse lunaire Tanit épouser le python sacré, avant de céder aux “forces titaniques” que personnifie à Carthage le dieu solaire Moloch. Vouée depuis l’enfance à l’animalité visionnaire, la fille d’Hamilcar, en répondant à la haine et à l’amour des hommes, pouvait-elle espérer se sauver ? Parce qu’il la fait femme, Mâtho, le chef des mercenaires rebelles à sa cité, la tue.

Dans un monde archaïque et tribal, païen et superstitieux, très éloigné de la pensée héllénique et de la foi chrétienne, la barbarie triomphe : Carthage la trop riche, la trop avare va au-devant de sa perte. Le mystère historique de sa disparition (le royaume sera bientôt rayé de la carte par Rome) fascine Gustave Flaubert. L’homme et l’artiste, en redonnant vie à la civilisation punique, se libère en secret de ses fantasmes.

Fresque à la Delacroix, opéra à la Berlioz, plus et mieux qu’un roman, Salammbô est une oeuvre grandiose de rêves interdits et d’actes inexpiables. Une sorte de Tentation de saint Antoine au grand jour et au féminin.

“Salammbô 1° embêtera les bourgeois, c’est-à-dire tout le monde ; 2° révoltera les nerfs et le coeur des personnes sensibles ; 3° irritera les archéologues ; 4° semblera inintelligible aux dames ; 5° me fera passer pour pédéraste et anthropophage. Espérons-le…” Gustave Flaubert (Source : France Loisirs)



Un véritable monde se présente en face de nous à travers la confrontation des “barbares” et des riches Carthaginois.

Flaubert manie la langue française comme un véritable magicien. Ces descriptions sont tellement belles, riches et détaillées qu’on se prend quelquefois à fermer les yeux et à se représenter ces parures, ces combats, ces paysages… On se sent immédiatement emporté par le souffle de la passion et le vent chaud de l’Afrique du nord passe sur notre échine. 

L’auteur a composé une superbe fresque où se mélangent un amour passionnel (celle d’un mercenaire pour Salammbô), et l’histoire de Carthage. Tout y est précis, détaillé : la sortie de mercenaires de la ville, la description des armes, des acqueducs, la vie des mercenaires… Il nous plonge incroyablement dans l’histoire, dans l’époque.

A la fois une magnifique histoire d’amour condamnée et une reconstitution apparamment très réaliste de l’époque de la grande Carthage.

Un grand péplum, dont l’épilogue égale celui des tragédies grecques.

Note : 3,5/5