Mercredi 18 avril 2007
Horacio Quiroga, écrivain uruguayen, est l'introducteur de la nouvelle fantastique en Amérique latine au début du XXe siècle.

Contes d'amour de folie et de mortRésumé : Dans ces récits solidement construits, l'inquiétante étrangeté de chaque détail, l'horreur toute simple – donc absolue – et le réalisme sont l'aliment d'un fantastique aussi spectaculaire qu'ambigu ; fantastique parfois drôle, plausible et cependant opaque comme peuvent l'être la monstruosité de l'enfance, la force tonnante d'un fleuve en crue, l'inclémence de la forêt vierge et des midis tropicaux ou le délire de l'homme, délire de l'amour ou folie de la mort.

Cette fin, c'est toujours la même, c'est le grand frisson, l'instant précis où l'être humain confronté à une mort atroce, bascule dans une terreur qui confine à la folie.

Gérard Meudal, Libération

A eux seuls, ces contes préfigurent tous les chefs-d'œuvre qui ont rendu si populaire la littérature sud-américaine.

André Clavel, L'Evénement du Jeudi

Horacio Quiroga fut en Amérique latine, l'introducteur de la nouvelle fantastique, dont il reste l'une des figures clés.

Claude Couffon, Le Monde

(Source : Editions Métailié)



Quand les mots de littérature fantastique sont lancés, on pense souvent à des auteurs tels Edgar Allan Poe, H.P. Lovecraft, Oscar Wilde ou encore Villiers de L'Isle-Adam, Guy de Maupassant… Mais rarement à Horacio Quiroga, qui fut pourtant celui qui introduisit la nouvelle fantastique dans la littérature latino-américaine.

Contrairement à ses illustres prédécesseurs, il n'utilise pas des personnages irréels, hors du temps, pour les plonger dans un monde fantastique, mais des hommes et des femmes qu'il côtoie. Et qui, à un moment donné de leur vie, se trouvent confrontés à une de ces "choses singulières" où le surnaturel prend toute sa mesure. Mais là où il exerce une réelle fascination sur le lecteur, c'est quand celui-ci réalise que, à la fin de chaque nouvelle, il a le sentiment que ce qu'il vient de lire est plausible.

Ici, le fantastique est avant tout "réalisme de l'étrange", un réalisme plongeant le lecteur dans l'effroi. Les personnages connaissent les risques et les dangers, et pourtant le monde bascule pour eux.

Horacio Quiroga imprègne ses contes d'une atmosphère particulièrement inquiétante. Chacun de ces récits explore les méandres de l'amour et de la folie, de l'amour et de la mort, de la folie et de la mort…, avec concision, brièveté. "Le conte est, au vu de sa fin intrinsèque, une flèche soigneusement pointée qui part de l'arc pour aller directement dans le mille." C'est ainsi que Horacio Quiroga définissait le conte, et l'objectif qu'il s'était fixé. Mais cet objectif n'aurait pu être atteint s'il n'y avait eu le style si âpre pour l'appuyer. L'écriture y est épurée, parfois glaciale, dominée par l'ambition de traduire ce qu'il y a de plus vif ou de plus profond dans la réalité.

Au final, quinze concentrés d'horreur d'autant plus efficaces qu'ils mélangent le réalisme le plus cru et le fantastique le plus délirant, mais de qualité inégale.

   Note : 3/5