Samedi 5 janvier 2008

Conte d'amour un soir de pluie.jpgRésumé : Huit nouvelles dans la veine réaliste chère à Thiêp, qui avec "un style acéré et une écriture au scalpel, fouaille avec une tranquille assurance l'âme d'un peuple."

Thiêp ne cesse d'écrire sur la vie de son peuple, ses joies et ses peines ; un quotidien parfois tragique s'égrène au fil des pages dans le dédale des marchés colorés où l'on croise de belles jeunes filles, un orphelin en larmes, un poète vagabond ou une aigrette mystérieuse qui s'envole ?
"Le regard de Thiêp devient un avertissement." Sean James Rose, Libération.

Nguyên Huy Thiêp, considéré comme le plus grand écrivain du Viêt-nam tant par ses compatriotes que par les critiques, vit à Hanoi où il est né en 1950. Aujourd'hui, c'est dans l'art que l'homme peut exprimer sa liberté, surtout dans un régime totalitaire. Et l'oeuvre de Thiêp, dans toute son expression, est l'illustration même de cette conviction. Il a décidé de ne plus faire que ce qu'il aime : écriture, peinture, sculpture, céramique. Toute son oeuvre est publiée aux éditions de l'Aube. (Source : l'Aube)



Conte d'amour un soir de pluie est un recueil de huit nouvelles où Nguyên Huy Thiêp nous décrit son pays et surtout les gens… Le terme de conte semble inapproprié : les personnages et les situations sont si vraisemblables.

L'auteur nous raconte la force et la beauté des petites gens, ceux qui se débattent sans fléchir dans un monde luxuriant, certes, mais souvent si hostile… Il nous raconte les meurtrissures du coeur, les incertitudes de l'âme, où s'exhalent tour à tour la plainte de la solitude et l'impatience du désir…

Au final, il écrit sur l'amour et son lot de désillusions. Il dépeint avec justesse l'homme en tant que personne.
 
L'écriture est belle et très poétique. Mais la qualité et l'intérêt des nouvelles de ce recueil sont fluctuants.

Note : 3,5/5

Un homme, s’il veut se conduire en homme, doit surmonter tant de mensonges et de promesses d’amour… que sa vie risque d’être brisée.

C’est par le feu qu’on mesure la valeur de l’or. Par l’or qu’on mesure celle de la femme. Par la femme qu’on mesure celle de l’homme. Et c’est en mettant l’homme à l’épreuve qu’on arrive à distinguer le saint du démon. Malheureusement, ce sont tous des démons. Les saints sont rarissimes…
(N’est ce pas beau la vie ? – nouvelle dans Conte d’amour d’un soir de pluie)

Conte d’amour un soir de pluie

Dans les huit nouvelles de ce recueil, Nguyên Huy Thiêp a le talent de décrire les gens simples dans leur vie quotidienne avec une lucidité déconcertante. Il montre leur force de vivre dans un milieu hostile avec “une voix pleine, sans cesse sur le point de briser telle une eau dans un récipient trop étroit, une voix d’où les mots tombent comme du miel”.

Vous l’avez compris, Nguyên Huy Thiêp est un conteur mais aussi un poète qui vit avec son époque sans pour autant l’enjoliver. Alchimiste d’une réalité difficile et d’une quête spirituelle qui sert d’exutoire, il ne verse pas pour autant dans le militantisme. Son engagement se limite à cet aveu : “L’écrivain ne peut pas sauver le monde mais peut en soulager, tant soit peu, les souffrances”.

Il essaime des poèmes de son cru au fil des nouvelles avec un franc succès. J’ai été charmée et je vais certainement succomber une nouvelle fois au moins, au velouté de sa plume.

Une très belle découverte !

Dimanche 1er octobre 2006
Huy Thiêp Nguyên est né à Hanoi en 1950. Historien de formation, considéré comme le plus grand écrivain contemporain du Vietnam, il se fait connaître en 1987 avec la publication de “Un Général à la retraite” qui fait scandale au plus haut niveau de l’Etat.

L'or et le feuRésumé : Dans “L’or et le feu”, la première nouvelle de recueil, Thiêp l’historien nous raconte l’étonnante équipée de Viêt-namiens et d’Européens à la conquête de l’or sous la houlette machiavélique du roi du pays au début du XIXe siècle.
Avec “Gens d’autrefois”, on change d’époque, et nous nous retrouvons dans un petit village isolé des hauts plateaux, à faire école à des minorités qui ouvrent de grands yeux en entendant parler d’Euclide et de Pythagore !
Dans “Je n’ai pas pleuré en Californie”, Thiêp quitte pour la première fois le Viêt-nam pour la Californie qui peut bien être le plus beau pays du monde, mais où l’exil est quand même invivable, parce qu’il n’est pas possible d’oublier son pays, ses odeurs, ses premières amours…
“En traversant le fleuve” réunit tous les personnages symboliques qui sillonnent l’oeuvre de cet admirable écrivain : un bonze, un poète, un couple d’amoureux, une mère et son enfant, un professeur, deux marchands, un brigand et une passeuse réunis dans une barque qui, à elle toute seule, est le Viêt-nam tout entier !

Autant de thèmes récurrents chez Nguyên Huy Thiêp, dont la volonté littéraire est de montrer le petit peuple de son pays luttant quotidiennement pour sa survie, avec cette cruauté mêlée d’humour et d’espoir qui caractérise ses textes. Des nouvelles passionnées, tendres et violentes, faites de cris et chuchotements. (Source : L’AUBE)