Lundi 14 janvier 2008
Le brave soldat Chvéïk (1921), roman parodique et satirique de Jaroslav Hašek, est une des œuvres littéraires les plus populaires de Tchécoslovaquie.

Le brave soldat ChvéïkQuatrième de couverture : « Vous n'auriez pas, par hasard, une ceinture sur vous pour que j'en finisse ?
– Si, et je vous la prêterai volontiers, répondit Chvéïk en quittant sa ceinture, d'autant plus que je n'ai encore jamais vu comment on fait pour se pendre dans une cellule. Ce qui est embêtant, continua-t-il en regardant autour de lui, c'est qu'il n'y a pas un seul piton ici. »

L'esprit de don Quichotte dans la panse de Sancho (Jean-Richard Bloch).

Biographie
Jaroslav Hasek est né le 24 avril 1883 à Prague. Propagandiste du « Parti du Progrès modéré », il fit preuve d'un talent oratoire exceptionnel. Il écrivait aussi, pour servir sa cause, des pièces en un acte qu'il jouait lui-même. Mais aucune de ses pièces, aucun de ses discours, de ses articles, de ses contes n'ont été conservés. Mobilisé dans l'armée autrichienne pendant la guerre, il passa aux Russes et s'enrôla en 1918 dans l'Armée Rouge. Il rentra dans sa patrie en 1920 pour y terminer, suivant les conseils de ses amis, Les Aventures du brave soldat Chvéïk. Il mourut le 2 janvier 1923, alors qu'il travaillait au dernier volume des aventures du personnage qui allait lui valoir une gloire universelle. (Source : Folio)



Le brave soldat Chvéïk est acclamé comme l'un des meilleurs récits satiriques de la littérature mondiale. L'oeuvre relate sur le mode de l'absurde et du grotesque les pérégrinations de Josef Chvéïk, brave Tchèque de Prague vivant à l'époque de la Grande Guerre, sous la domination austro-hongroise.

Autrefois réformé pour idiotie et faiblesse d'esprit, Chvéïk est le type même de l'ingénu voltairien : honnête, naïf et incompétent, il révèle parfois une ruse dont on ne l'aurait pas soupçonné. S'il réussit à ridiculiser le fait militaire, c'est moins en le critiquant qu'en le vénérant d'une façon totalement imbécile. À l'optimisme forcené de Chvéïk s'oppose la résignation désabusée des personnages qu'il rencontre, lesquels ne croient pas une seconde à l'utilité de la guerre ou à la possibilité qu'aurait l'Autriche-Hongrie et les autres empires centraux de la gagner.

Chvéïk s'affirme comme le symbole de l'absurdité de la Première Guerre mondiale et peut-être de toutes les guerres en général. L'auteur dénonce aussi la bureaucratie austro-hongroise.

Malgré quelques lourdeurs, les aventures incroyables, pleine d'humour et de dérision, de ce brave soldat font sourire. Ce roman est une belle dénonciation de l'absurdité des guerres par le biais de nombreuses scènes burlesques et d'un héros naïf. Un classique de la littérature tchèque à découvrir…

Note : 4/5