Mille femmes blanches

Mille femmes blanches

Résumé : En 1875, le chef cheyenne Little Wolf demande au président Grant, en échange de mille chevaux, de lui offrir mille femmes blanches qui, en épousant mille de ses guerriers, favoriseront l’intégration de son peuple. Les volontaires étant peu nombreuses, on vide les prisons et les asiles d’aliénés pour former un premier convoi.

Enfermée par son père, May Dobb en fait partie. Au-delà de sa liberté retrouvée, cette jeune bourgeoise voit dans cette aventure l’opportunité d’échapper aux carcans de la société puritaine et d’être véritablement une femme libre. Dès son départ en train de Chicago, elle entreprend de tenir son journal, témoignage de sa propre aventure et de celle de ses compagnes.
Des premières appréhensions à la découverte d’un monde inconnu, de leur mariage avec des guerriers – elle-même épousant Little Wolf – à leur intégration à la tribu cheyenne, elle relate dans ses carnets chaque événement de cette aventure hors du commun. S’y dessinent deux visages de l’Amérique, celle des Blancs exterminant les minorités et celle des Indiens, trop idéalistes, trop confiants, trop naïfs, en train de disparaître.

“Un roman splendide, puissant et exaltant” (Jim Harrison)

Né en 1950 d’une mère française et d’un père américain, Jim Fergus est chroniqueur pour de nombreux journaux aux États-Unis. Pendant plusieurs mois, afin d’écrire ce livre, il a sillonné seul le Middle West sur la piste des Cheyennes. Mille Femmes blanches est son premier roman. (Source : Succès du Livre)


A travers le journal intime de May Dodd, on suit le destin de quelques jeunes femmes “blanches” des États-Unis d’Amérique qui ont été échangées à une tribu cheyenne. Le gouvernement américain a passé un accord avec les indiens, pour que ces derniers, victimes de l’assassinat de leurs femmes, puissent se repeupler. Ces citoyennes américaines étaient toutes considérées comme des rebuts de la société.

“Franchement, vu la façon dont j’ai été traitée par les gens dits “civilisés”, il me tarde finalement d’aller vivre chez les sauvages.”

Au fil des pages, on découvre le quotidien de ces femmes, confrontées à une autre culture, une autre façon de vivre et une autre façon d’aimer. On peut se demander alors qui sont les véritables “sauvages” ? Les colons américains ou les indiens ? Chacune des cultures présente des côtés généreux, artistiques, un sens du divin mais toutes deux peuvent faire preuve de la même sauvagerie.

Jim Fergus connaît bien la culture et les mœurs cheyennes. Il évite de tomber dans le cliché du “bon indien victime du grand méchant blanc” en prenant le parti de montrer la grandeur et les petitesses de deux peuples qui ne peuvent vivre ensemble tant ils sont différents. Une belle leçon d’humanité !

Ce roman nous permet de découvrir une partie de l’histoire des tribus indiennes des États-Unis d’Amérique au 19ème siècle et du traitement qui a été réservé à ce peuple soi-disant “sauvage” par une nation qui se considère comme civilisé à seul fin de pourvoir à sa soif d’or. A la fois beau et sans concession, ce récit nous permet de mieux voir les méfaits de la “civilisation” sur tout ceux qui ne veulent pas se soumettre à son dictat. On peut également y déceler un léger hymne à l’écologie.

Mêlant des faits historiques avérés à la vie romancée du groupe, ce roman est tour à tour drôle, émouvant et poignant. Il nous transporte dans les plaines des États-Unis au temps des derniers Indiens “libres”. A lire absolument si on veut connaître les us et coutumes du peuple cheyenne.

Note : 4/5