De la part de la princesse morte (Kenizé MOURAD)

Jeudi 4 octobre 2007
Princesse turque-ottomane, Kenizé Mourad est née à Paris en 1939, de père indien et de mère turque. Elle a fait des études de sociologie et de psychologie à la Sorbonne avant d'être journaliste.

De la part de la princesse morteRésumé : "Ceci est l'histoire de ma mère, la princesse Selma, née dans un palais d'Istamboul… "

Ce pourrait être le début d'un conte ; c'est une histoire authentique, qui commence en 1918 à la cour du dernier sultan de l'Empire ottoman.
Selma a sept ans quand elle voit s'écrouler cet Empire qui a fait trembler l'Europe. Condamnée à l'exil, la famille impériale s'installe au Liban. Selma, qui a perdu à la fois son pays et son père, y sera "la princesse. aux bas reprisés". C'est à Beyrouth qu'elle grandira et rencontrera son premier amour, un jeune chef druze ; amour tôt brisé. Selma acceptera alors d'épouser un rajah indien qu'elle n'a jamais vu. Aux Indes, elle vivra les fastes des maharajahs, les derniers jours de l'Empire britannique et la lutte pour l'indépendance, menée par Gandhi.
Mais là, comme au Liban, elle reste "l'étrangère". Rejetée par ce peuple qu'elle s'était pris à aimer, elle s'enfuira à Paris. Elle y trouvera enfin le véritable amour. La guerre l'en séparera, et elle mourra dans la misère, à vingt-neuf ans, après avoir donné naissance à une fille : l'auteur de ce récit.

"Plus tard, beaucoup plus tard, écrit Kenizé Mourad, j'ai voulu comprendre qui était ma mère. Interrogeant ceux qui l'avaient connue, consultant les livres d'histoire, les journaux de l'époque et les archives dispersées de la famille, j'ai tenté de reconstituer les divers cadres de son existence, aujourd'hui irré­médiablement bouleversés, et de revivre ce qu'elle avait vécu. Enfin, pour m'en rapprocher davantage encore, pour la retrouver, j'ai fait confiance à mon intuition et à mon imagination."

Tel est ce livre. Telle est l'histoire de la princesse Selma, la plus romanesque des histoires vraies.

Kenizé Mourad est journaliste. Pendant douze ans, elle a tra­vaillé comme grand reporter spécialisé dans les affaires du Moyen-Orient et du sous-conti­nent indien. (Source : Le Grand Livre du Mois)
 



Tel un tapis volant, ce roman nous transporte à travers près d'un demi-siècle d'histoire. Débutant au moment où ce qui fut l'un des plus grands empires du monde achève sa lente agonie, nous suivons les pas de la princesse Selma.  qui quittera les ors des palais ottomans pour être confrontée aux dures réalités de la vie. De Constantinople à Beyrouth, des fastes de l'Inde des maharadjahs au Paris de l'avant-guerre, cette destinée hors du commun ne peut laisser le lecteur indifférent.

Ce roman n'est pas un véritable roman historique, puisqu'il décrit une histoire personnelle et transmet des sentiments et des vécus personnels d'un personnage qui n'a pas vraiment joué de rôle historique. Sans grande documentation ou objectivité historique, il demeure un palpitant roman d'aventure et d'amour qui décrit plus une période que l'Histoire.

L'héroïne du livre devient une amie et ses déboires sont comme nôtres. Avec un sens exceptionnel de la reconstitution, l'auteur parle de sa mère avec beaucoup de tendresse. Un livre dense mais qui se révèle captivant, émouvant et poignant. A lire avant tout voyage en Turquie.

   Note : 4/5

P.S. : Ce roman a reçu le Grand prix des lectrices "Elle" 1998.