Le sommeil du monstre – 04 – Quatre ?

Dimanche 2 mars 2008
Ultime volume de la tétralogie du monstre…

Quatre ?Résumé : "Rendez-vous à Paris", annoncait le précédent épisode de la saga. Et de fait, c'est bien dans la capitale française que l'on marche sur les traces de Nike. Un Nike transformé, sous influence ; malgré une apparence de liberté, c'est l'emprise warholienne qui s'exerce encore sur le moindre de ses faits et gestes. IL est bien là, juste sous sa peau, conservant les événements sous contrôle.
Pendant ce temps, là-haut, très loin en apesanteur, Leyla, devenue astronaute, prend subrepticement la direction du vaisseau qui fonce vers Mars… (Source : Casterman)

Le sommeil du monstre – 03 – Rendez-vous à Paris

Samedi 5 août 2006
Dans le troisième volet de sa trilogie – transformée en tétralogie – commencée avec "Le Sommeil du monstre", Enki Bilal poursuit l'exploration de son univers mental, imprégné de l'horreur de la guerre en ex-Yougoslavie.

Rendez-vous à ParisRésumé : Dans le SOMMEIL DU MONSTRE, Nike Hatzfeld a trente-trois ans lorsque sa légendaire mémoire hypertrophiée le renvoie aux tout premiers jours de sa propre naissance. Nous sommes en 1993. La Yougoslavie agonise, les obus bosno-serbe pleuvent sur l'hôpital de Sarajevo. C'est là que Nike partage son lit et ses premiers jours de vie avec Amir et Leyla, orphelins comme lui. Son destin bascule lorsqu'il se souvient avoir juré, à l'âge de dix-huit jours, de les retrouver et de les "protéger toujours". Entre sa mémoire de 1993 et sa réalité contemporaine de 2026, Nike Hatzfeld subit une brutale contraction du temps, qui l'entraîne dans un tourbillon d'apocalypse religieuse obscurantiste, comme si les gènes de son futur de 2026 étaient inscrits dans son premier souffle de 1993. Un bal macabre secoue la planète, ballotte le monde et ses démocraties, orchestré par un certain Optus Warhole, autoproclamé " incarnation du mal suprême "… Nike et Leyla se trouvent. Amir, de son côté, surnage avec Sacha, une fille paumée, quatrième pièce rapportée d'un puzzle en cours… TRENTE-DEUX-DECEMBRE voit Optus Warhole, le duplicateur d'humains, se muer en Artiste du Mal Suprême, prompt à jouer et à se jouer de tout, de l'infiniment grand, y compris une ouverture abyssale sur l'inconnu du cosmos, ou de l'infiniment petit, y compris quatre destins humains, il est vrai, pas tout à fait ordinaires, car tout simplement ses préférés : ceux de Nike, Leyla, Amir et… Sacha. Le titre RENDEZ-VOUS A PARIS indiquerait donc que la quête de Nike, sa promesse de reconstituer le trio d'orphelins de Sarajevo 1993, est sur le point de se réaliser ?…. A moins qu'un quatrième et dernier acte… La tétralogie du Monstre est une histoire à trois voix. Celles de Nike, Leyla et Amir, orphelins de Sarajevo aux quatre coins du monde. Il s'agit avant tout d'un travail sur la mémoire. Mémoire individuelle et collective, où se mêlent des images écrites de l'éclatement de la Yougoslavie, "lieu" de naissance d'Enki Bilal (pays à peine disloqué que déjà sorti des mémoires), et des images peintes d'une entêtante conjugaison passé-présent-futur. Mémoire prospective aussi, potentielle, élargie des Balkans au reste du monde, comme dans un miroir. Ce monde, seul endroit, il faut bien le dire, qui nous reste.


La trilogie devient tétralogie, et dans ce nouvel opus Rendez-vous à Paris, il ne se passe pas grand chose. Certes, les planches sont toujours aussi remarquables, l'audace visuelle et la créativité éclaboussent chaque page. Le dessin particulier de Bilal est toujours aussi magnifique. Cette beauté froide et irréelle des images embrumées.
Mais le scénario génial exposé dans les deux premiers tomes, élaboré à la manière d'un puzzle, empreint d'une critique sociale et politique du monde d'aujourd'hui, disparaît. Bilal largue l'intrigue en cours de route, et ses lecteurs avec. Ses récits sur trois niveaux (un pour chaque personnage) se croisent sans cesse, et le clonage de Nike achève de rendre l'histoire illisible.
Ce dernier tome laisse le lecteur sur sa faim. L'histoire est décevante. Pas de nouveau personnage, pas de réel rebondissement, on en sort déçu. L'intérêt est en fort retrait. Déception. Espérons que le dernier tome redonnera un dernier coup de fouet à cette tétralogie.