Vendredi 6 juillet
Le jeu de l'amour et du hasard est une pièce de théâtre de Marivaux créée au Théâtre-Italien le 23 janvier 1730.

Résumé : Sylvia, fille de Monsieur Orgon, craint d'épouser, sans le connaître, Dorante, le jeune homme que son père lui destine. Elle décide de se "travestir" et d'échanger son habit avec sa femme de chambre, Lisette. Elle espère ainsi pouvoir mieux observer son prétendant. Mais Dorante a eu la même idée et se présente chez Monsieur Orgon déguisé en un serviteur nommé Bourguignon, alors que son valet, Arlequin, se fait passer pour Dorante. Monsieur Orgon et son fils, Mario, sont seuls informés du travestissement des jeunes gens et décident de laisser ses chances au "jeu de l'amour et du hasard". (Source : Wikipédia)



Tout en respectant les codes de bienséance de l'époque (les nobles finiront ensemble, et les petites gens de leur côté) Marivaux, dans cette comédie retourne l'ordre établi, trouble les préjugés et inverse les rapports maître/valets.

L'obstacle à l'amour chez Marivaux, n'est pas extérieur (comme les pères de Molière) mais réside dans l'amour propre des personnages. Par suite d'un préjugé, d'un quiproquo, d'un malentendu, de déceptions antérieures, les jeunes héros ne veulent pas reconnaître qu'ils sont amoureux. Mais comme il s'agit d'un jeu, après les détours imposés par l'amour-propre, le dénouement toujours heureux est inévitablement le triomphe de l'amour. On retrouve ici l'écho des méandres de la préciosité du XVIIème.

Il ne s'agit pas d'une analyse de caractères et les personnages n'ont ni vices ni passions. Ils sont exlusivement préocupés par les charmes de la tendresse et raisonnent selon la logique passionnelle.

Chez Marivaux, la comédie devient une peinture de l'amour, délicate et légèrement ironique. Dans cette pièce, il raconte la victoire de l'amour sur les illusions. Au travers des personnages de Silvia et Dorante, il montre aussi les ravages de l'amour sur la raison.

Chassé-croisé amoureux à la mécanique sans faille, Le jeu de l'amour et du hasard conjugue avec bonheur la réflexion sociale et la légèreté insouciante des émois de jeunesse.

Note : 4/5