Mercredi 31 octobre 2007
Les raisins de la colère (The Grapes of Wrath), publié en 1939, est sans doute le livre le plus connu de John Steinbeck. Il reçut le Prix Pulitzer en 1940.

Les raisins de la colèreRésumé : “Le soleil se leva derrière eux, et alors… brusquement, ils découvrirent à leurs pieds l’immense vallée. Al freina violemment et s’arrêta en plein milieu de la route.
– Nom de Dieu ! Regardez ! s’écria-t-il.
Les vignobles, les vergers, la grande vallée plate, verte et resplendissante, les longues files d’arbres fruitiers et les fermes. Et Pa dit :
– Dieu tout-puissant !… J’aurais jamais cru que ça pouvait exister, un pays aussi beau.”

Biographie :
D’origine irlandaise et allemande, John Steinbeck est né en 1902 à Salinas, petite ville de Californie. Ses premiers livres eurent peu de succès, le quatrième, Tortilla Flat, paru en 1935, le met en vedette du jour au lendemain. Prix Nobel de littérature en 1962, il est mort à New York en 1968. (Source : FOLIO)


Le livre raconte l’odyssée d’une famille de paysans, les Joad, qui, ruinée par les tempêtes de poussière, par l’appauvrissement du sol et par la crise des années 1930, est contrainte de quitter l’Oklahoma et de venir chercher du travail en Californie. Peu à peu, affamés, traqués et exploités par les grands propriétaires, les émigrants voient la terre promise californienne se transformer en un vaste pénitencier. Pourtant, tout au long du livre, l’espoir n’abandonne cette famille.

L’auteur décrit la déchéance de cette famille qui vivait de la terre et espére quitter leurs cultures dont les banques se sont accaparés pour gagner la Californie, terre promise d’alors. Mais le rêve américain est bien loin ! L’auteur nous entraîne sur le parcours de cette famille et de ses membres avec un réalisme poignant. Au fil des pages, nous plongeons facilement dans cette univers.

Ce livre est une fresque sans égal des changements qui ont bouleversé l’humanité au XXème siècle : l’industrialisation , l’exploitation des ouvriers pour un système économique gangrèné par le désir de produire toujours plus à moindre coût. Chassés, exploités et haïs par la majorité, cette famille reste soudée et répond à ses maux par l’amour et l’humanisme… Une leçon d’humilité et de respect. Ce livre réprésente la misère de l’homme par l’homme. Nous ne pouvons que nous attacher à cette famille et leur périple si tragique et émouvant.

Il ne faut pas se laisser intimider par ses quelques 600 pages… Ce livre est une fresque incroyable de la société rurale américaine après la crise de 1929. La littérature de Steinbeck qui alterne poésie précieuse des paysages avec les dialogues abruptes et triviaux des personnage tient de l’épopée ! Ce livre puissant prend aux tripes. Il parle à nos âmes de capitalistes et nouis donne le goût de la révolte. Un chef d’oeuvre bouleversant dont on ne sort pas indemne.

“Dans l’âme des gens, les raisins de la colère se gonflent et mûrissent, annonçant les vendanges prochaines.”

   4/5

P.S. : Cette grande épopée a inspiré au cinéma le célèbre film éponyme de John Ford, avec Henry Fonda.

Mercredi 17 octobre 2007
Le vieil homme et la mer est un court roman, il est parfois considéré comme une nouvelle, écrit par l’écrivain américain Ernest Hemingway à Cuba en 1951 et publié en 1952. Il s’agit de la dernière oeuvre de fiction majeure produite par Hemingway et publiée de son vivant. Cet ouvrage lui valut le double honneur du prix Pulitzer en 1953 et du prix Nobel de littérature en 1954.

Le vieil homme et la merRésumé : “Tu veux ma mort, poisson, pensa le vieux. C’est ton droit. Camarade, je n’ai jamais rien vu de plus grand, ni de plus noble, ni de plus calme, ni de plus beau que toi. Allez, vas-y, tue-moi. Ça m’est égal lequel de nous deux qui tue l’autre.
Qu’est-ce que je raconte  ? pensa-t-il. Voilà que je déraille. Faut garder la tête froide. Garde la tête froide et endure ton mal comme un homme. Ou comme un poisson.”

Biographie :
Ernest Hemingway est né en 1899 à Oak Park, près de Chicago. Il passa tous les étés de sa jeunesse en plein bois, au bord du lac Michigan. En 1917, il entre au Kansas City Star comme reporter. Il s’engage en 1918 comme ambulancier de la Croix-Rouge sur le front italien. Après la guerre, Hemingway reprend en Europe son métier de journaliste. En 1936, il devient correspondant auprès de l’armée républicaine en Espagne. Il fait la guerre de 1939 à 1945, participe à la Libération de Paris avec la division Leclerc, puis continue à voyager : Cuba, l’Italie, l’Espagne. En 1954, Hemingway reçoit le prix Nobel de littérature. En 1961, il met fin à ses jours. (Source : FOLIO)


Un vieux pêcheur cubain obstiné et malchanceux défie les éléments, à la recherche de la dignité. Il lutte contre l’affaiblissement de son corps, de ses forces. Il respecte l’animal chassé qui résiste et donne ainsi toute son ampleur au combat. Cet ouvrage dont la trame est si simple, les personnages si peu nombreux et l’action quasiment nulle (si l’on excepte les attaques de requins) est d’une vraie beauté. Hemingway ensorcellent par le précision et la concision des scènes et l’histoire de ce pêcheur est particulièrement belle par ses partis pris réaliste et tragique.

Ce livre vous fait vivre le scénario en première personne, vous sentirez le goût du poisson cru sous la langue, le froid humide au large de la côte, la douleur sur vos mains, la fatigue et la folie vous gagner, mais vous ne décrocherez pas de ces pages.

La lutte mentale et morale du vieil homme est poignante. Hemingway montre ici que nous devons combattre pour découvrir le sens de notre vie. Une grande leçon d’abnégation et de courage. On a l’impression d’être à côté du pêcheur. Le livre se lit d’un seul trait. Quel plaisir !

Ce livre puissant ne s’embarrasse pas de fioritures et descend au fond de l’homme. Une superbe parabole de la victoire dans la défaite, de l’immense effort fourni pour braver le destin et garder l’espoir.

“Un homme, ça peut-être détruit, mais pas vaincu.”

5/5