Jeudi 5 mars 2009
Paru en 1952, ce roman est une des œuvres marquantes de la littérature américaine du vingtième siècle. Il a remporté le National Book Award, récompense annuelle attribuée à des écrivains en 1953.

Homme invisible, pour qui chantes-tu ?Titre original : Invisible Man 

Résumé : Homme invisible, pour qui chantes-tu ? est un roman de légende. L’homme invisible, c’est l’homme noir dans la société américaine. Leur négro. Voilà trois siècles que là-bas, il vit, travaille, mange, parle, et pour l’Amérique il arrive même au Noir de se faire tuer… En quelque sorte pour rien. Car aux yeux de l’Amérique, le Noir est invisible. Ecrivain lui-même noir, Ralph Ellison a donné ce titre paradoxal, dérisoire et pathétique aux six cent pages qui racontent l’histoire d’un jeune Noir du Sud aux prises avec une société qui lui refuse sa place. Homme invisible, pour qui chantes-tu ? est peut-être le plus insupportable des cris de solitude et de révolte qui se soient exprimés par la littérature. (Source : Grasset)



Ce roman tient à la fois du roman picaresque, sarcastique, gorgé de péripéties terribles, et du roman d’initiation, en l’occurrence celle d’un jeune Noir s’exprimant à la première personne et dont on ignorera toujours le nom. Dans ce labyrinthe qu’est l’Amérique capitaliste, quoi qu’il fasse et qu’il pense, il est invisible aux autres et à ses propres yeux. Mais toujours il se bat, prend la parole, brise les stéréotypes.

Ce fleuve littéraire tumultueux et chantant nous entraîne dans une riche réflexion sur ce qu’est l’identité constamment fuyante d’un jeune homme plein d’espérances et de dynamisme, confronté au rejet de ses prétendus semblables Noirs et de ses pseudo bienfaiteurs Blancs, en proie à l’exploitation et à la manipulation sociale et politique. Ce qui peut être dit d’une autre manière : l’individu différent, rebelle, singulier, est “invisible”, mis à l’écart, dans la mesure même où les relations sociales sont opaques et étouffantes. Ellison refuse toute forme de fatalité. Il ne faut s’assigner “ni rang, ni limite d’aucune sorte”. Il écrit dans les dernières pages : “La vie doit être vécue, pas contrôlée.”

C’est une oeuvre très forte, bouleversante, qui explique très bien la condition des noirs dans les années 40. Et malheureusement en refermant le livre, on se dit parfois que finalement rien n’a changé… ou si peu.

Cette œuvre fait date à la fois dans l’histoire de la littérature des États-Unis et dans celle des Noirs américains.

Note : 3,5