Le temple de la grue écarlate

Le temple de la grue écarlate

En 1999, les deux sœurs se lancent dans l’écriture à quatre mains d’une série policière menées par le mandarin Tân et son acolyte, le lettré Dinh, dans le Viêt-Nam du XVIIe siècle. L’arrière grand-père maternel, figure mythique de la famille pour avoir accédé très jeune aux fonctions de mandarin, servira de modèle au héros du roman. Il prête ainsi son intelligence et sa sagacité à un jeune magistrat, Tân, qui affiche des traits virils et promène un physique de guerrier. Le temple de la grue écarlate nous raconte sa première enquête.

Résumé : Lorsqu’il rejoint son poste, aux confins de l’empire vietnamien du XVIIe siècle, le mandarin Tân ne sait pas encore que les familles de notables n’ont qu’une idée en tête : le marier à leurs filles nubiles. Cependant le jeune homme n’a guère le temps de se prêter à ces jeux sociaux, car il se voit bientôt confronté à sa première affaire de magistrat. Une succession de meurtres aussi cruels qu’inexplicables le conduit à s’intéresser de près à un ordre de moines plus férus d’arts martiaux que soucieux de la loi de Bouddha.

Aidé de son ami le lettré Dinh, il lui faudra parcourir les montagnes embrumées du Nord et déployer toute son ingéniosité pour mener à bout son enquête, dont la solution au goût amer est un défi à son sens inné de la justice.

Quand il s’agit de créer l’étoffe d’une histoire, quatre mains peuvent tisser une trame plus élaborée que deux. c’est en s’inspirant de leur aïeul maternel que les sœurs Tran Nhut, l’une est physicienne, l’autre ingénieur d’une grande université américaine, ont imaginé le personnage du mandarin Tân. Pour peupler leur fiction policière, elles ont évoqué les mille et un détails d’un passé révolu et de ses légendes, avec un évident plaisir d’écriture. (Source : éditions Philippe Picquier)


L’intrigue tient parfaitement la route. Elle est remarquablement bien menée et dépaysante. La solution ne déçoit pas. Ce roman est habilement ancrée dans la réalité sociale et historique du Viêt Nam du XVIIe siècle. Les crimes sont parfaitement liés à leur contexte. Le confucianisme impose le respect de l’ordre établi et fait reposer l’immortalité de la famille sur la descendance mâle.

Le lecteur se plonge, sans aucune difficulté, dans cette société qui lui est a priori complètement étrangère. Il referme le bouquin en ayant appris quelque chose sur l’histoire du Viêt Nam, le taoïsme, les premiers jésuites en Asie… Et sans que cela soit jamais fastidieux tant ces éléments sont intégrés dans un suspense qui se maintient jusqu’à la dernière page du livre.

L’écriture est limpide. Le style agréable et captivant. Les noms des prises de combat excitent l’imagination.

A conseiller pour tous les amateurs d’enquêtes policières historiques !

Note : 4/5