Le Silence de la mer (VERCORS)

Mardi 17 juillet 2007
Vercors, de son vrai nom Jean Bruller, né le 26 février 1902 à Paris, mort le 10 juin 1991 à Paris, est un écrivain et illustrateur français, résistant durant la Seconde Guerre mondiale. Le Silence de la mer est une nouvelle écrite sous le pseudonyme de Vercors et publiée clandestinement aux Éditions de Minuit (fondées à cette occasion) dès février 1942.

Le Silence de la merRésumé : Incontournable chef-d'oeuvre de la Résistance, Le Silence de la mer fait le récit d'une rencontre forcée, durant l'hiver 1941, entre un officier allemand et deux Français obligés de l'héberger. Chaque soir, avec élégance et courtoisie, l'ennemi s'adresse à ses hôtes. Impossible dialogue : jamais il n'obtiendra le moindre écho à ses paroles.
Toutes les nouvelles qui composent ce livre présentent la sinistre vérité d'une époque : celle de la Collaboration, de l'Occupation, de l'Holocauste.

De registre dramatique pour la plupart, les nouvelles réunies dans ce recueil témoignent chez l'auteur d'une créativité remarquable. Grâce aux montages narratifs subtils, aux jeux sur le point de vue et l'énonciation, l'indignation s'exprime par des touches brèves mais intenses, qui retentiront longtemps dans l'esprit des élèves.
Ces textes pourront faire l'objet d'échanges fructueux avec le professeur d'histoire. (Source : Gallimard)



Le Silence de la mer est une nouvelle d'une magnifique concision. L'histoire, fort simple, reste intemporel. Vercors met en scène la résistance passive et muette qu'un homme et sa nièce opposent à l'envahisseur. Les émotions humaines y sont décrites avec beaucoup de justesse. Le récit est très sobre et extrêmement émouvant. L'auteur joue avec le silence, le rend palpable. Oppressant. L'auteur nous montre que le silence peut être aussi fort que toute rébellion.

La figure de l'officier allemand est inoubliable. Nous ressentons son cruel dilemme lorsqu'il découvre la barbarie de son pays, doit-il se révolter ou bien servir au mieux sa patrie malgré ses opinions ?

Hymne à la résistance, mais à une résistance intelligente, sans haine aveugle. Histoire tragique aussi, où la fin laisse un goût d'amertume. Ce récit de ces différentes vies marquées par la guerre et l'atrocité de l'être humain, est un plaidoyer contre la haine et un appel à la fraternité.

A conseiller, notamment aux plus jeunes, qui pourront y trouver un regard neuf sur l'occupation allemande.

Note : 4/5

P.S. : L'histoire a été adaptée dans un film de Jean-Pierre Melville en 1947.