Le bruit et la fureur (William FAULKNER)

Vendredi 23 novembre 2007
Le bruit et la fureur, un des roman les plus connus de William Faulkner, est le quatrième roman de cet auteur américain, publié en 1929. Le titre du roman est une référence à la pièce de théâtre "Macbeth", de William Shakespeare (acte 5, scène 5).

Life […]: it is a tale
Told by an idiot, full of sound and fury
Signifying nothing.

Le bruit et la fureurTitre original : "The Sound and the Fury"

Résumé : "oui je le hais je mourrais pour lui je suis déjà morte pour lui je meurs pour lui encore et encore chaque fois que cela se produit…
pauvre Quentin
elle se renversa en arrière appuyée sur ses bras les mains nouées autour des genoux
tu n'as jamais fait cela n'est-ce pas
fait quoi
ce que j'ai fait
si si bien des fois avec bien des femmes
puis je me suis mis à pleurer sa main me toucha de nouveau et je pleurais contre sa blouse humide elle était étendue sur le dos et par-delà ma tête elle regardait le ciel je pouvais voir un cercle blanc sous ses prunelles et j'ouvris mon couteau."

Biographie
William Faulkner est né en 1897 dans l'État du Mississippi. Il appartient à une vieille famille aristocratique ruinée par la guerre de Sécession. Après avoir tâté de différents métiers, vécu à New York et à Paris, il revient habiter dans son pays natal et s'installe à Oxford, Mississippi. Il partage désormais son temps entre la littérature et l'administration de ses terres. William Faulkner a reçu le prix Nobel en 1949 ; il est probablement l'écrivain qui a eu le plus d'influence sur la littérature contemporaine. Il est mort le 6 juillet 1962. (Source : FOLIO)



Quatre parties, quatre narrateurs dont un narrateur impersonnel, quatre temporalités décousues, des personnages homonymes… Que ce roman est difficile d'accès ! Heureusement, la remarquable préface du traducteur explique clairement les points essentiels de la trame et les quelques difficultés de sens (plusieurs personnages portent le même prénom, chronologie des chapitres…). Elle fournit les indispensables clefs de compréhension qui permettent de se plonger dans cet abrupte récit d'inceste et de suicide, d'une violence inouïe.

La technique de narration est innovante et déroutante : le narrateur change selon les chapitres et le livre ne s'organise pas selon un ordre chronologique rigoureux. Faulkner offre ainsi au lecteur la possibilité de croiser les points de vue des personnages pour confronter les versions différentes d'un même évènement. Les histoires se racontent souvent sans élément temporel et il faut souvent se raccrocher à un indice pour reconstruire le fil.

Faulkner utilise notamment la technique littéraire de "courant de conscience" (forme de monologue intérieur, caractérisé par des sauts associatifs, et parfois dissociatifs, dans la syntaxe et la ponctuation qui peuvent rendre le texte difficile à suivre). Les parties (exceptée la quatrième) sont écrites chacune du point de vue de personnages différents.

Le livre débute avec un monologue intérieur "confié" à un simple d'esprit passablement dépassé par les événements qui se déroulent autour de lui. Confusément, les images qui lui parviennent font remonter ses souvenirs : il brosse de façon impressionniste et chaotique l'histoire douloureuse de sa famille. Vient ensuite le moment d'écouter les confessions de Quentin, son frère, étudiant mélancolique qui expose les raisons qui le pousseront à se donner la mort. D'amours déçues en déchirements, la fratrie (qui compte un troisième membre ayant lui aussi son monologue) se désagrège. Jouant subtilement avec les différences de registres en passant d'un personnage à l'autre, Faulkner conclut en tant que narrateur extérieur ce roman violent, où chacun se débat tant bien que mal sans réellement pouvoir se soustraire à un destin funeste.

Cette pièce maîtresse de la littérature mondiale offre une expérience littéraire unique, mais il faut sacrément s'accrocher !

Note : 3/5